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Publié par SUPAP-FSU

Comité Technique de la DAC du 4 octobre à propos de l’ouverture du dimanche à  la médiathèque Hélène Berr

Un refus d’écouter et de débattre de la part de M Julliard, adjoint à la culture.

C’est triste, triste de voir que le dialogue social n’est pas une priorité pour notre élu.

Le CT est pour lui une formalité par laquelle il faut bien passer puisque c’est réglementaire, mais certainement pas un lieu de concertation et de négociation

Les questions, interrogations, les inquiétudes des personnels  restent sans réponse, tandis que la CFDT, seul syndicat à soutenir cette ouverture dans de mauvaises conditions pour les personnels et les usagers,  saute de joie, plus royaliste même que l’administration !

Triste oui, triste et révoltant….

Car l’adjoint à la culture et l’administration nous mentent !

M. Noël Corbin affirme que les conditions de travail du dimanche seront aussi bonnes que celles du samedi.


M. Jean-Claude Utard affirme que les effectifs supplémentaires que les agents réclament ne sont pas corrélés avec le travail en semaine sous prétexte qu’il n’y aurait pas la place dans les bureaux pour accueillir les 8 nouvelles  créations de postes qui sont demandées ! Qu’il vienne et il verra que c’est possible.


M. Lagier dit avoir observé les plannings du samedi pour projeter ceux du dimanche ; or les collègues en renfort venant des bureaux n’y figurent pas ! On a dû mal l’ informer.
M. Bruno Julliard a évoqué le financement de l’Etat : mais où ira  l’argent ? En tout cas  pas dans la création des postes nécessaires.


Il n’y a que la CFDT pour les croire et les approuver

Bref, ils ont défait ce qui avait été fait.

Ainsi la parité entre titulaires et non-titulaires n’est plus respectée même dans le texte. Une régression depuis M Girard à noter. Où est le progrès ?

Il y aura 35 agents à Hélène Berr à partir de 2017. L’administration a affirmé que 14  est le chiffre minimum pour ouvrir soit beaucoup moins que les 50% de l’effectif nécessaire à une ouverture normale en semaine.

Puisque c’est le chiffre minimum, qu’à cela ne tienne, on ouvrira avec le minimum  quasiment tous les dimanches, soit 15 agents dont seulement  7 titulaires.

Et  s’il y a 2 absents, la logique voudrait que la bibliothèque ferme, mais  M Julliard prudent ne nous a pas répondu comme à son habitude.

 La  Mairie ira-t-elle jusqu’à mettre en danger les personnels et les usagers ?  On peut le craindre !  Quant aux risques psycho-sociaux,  le terrain est mûr pour qu’ils se développent à moins de se mobiliser pour l’empêcher !

Refuser les conditions de l’éxécutif devient donc un objectif majeur !

Que l’on soit pour l’ouverture du dimanche ou non les conditions proposées sont inacceptable.

C’est dans ce sens que nous avons proposé un amendement « hyper responsable » et loin de ce qui serait pourtant pour nous, nécessaire:

  •   la création de  8 postes supplémentaires au lieu des  3 avancés, pour permettre la présence permanente de 16 agents le dimanche, soit  8 titulaires à côté des 8 contractuels étudiants et par conséquent  le maintien de la parité.

Ces créations de postes permettraient aux agents d’aller aux toilettes, d’intervenir si un problème se pose dans la salle, d’assurer la continuité du service public en ne maltraitant pas les bibliothécaires. Cela permettrait aussi aux agents de souffler quelques minutes.

 Cet’amendement  a été voté  par tous les représentants élus des personnels, sauf bien sûr la CFDT ….L’amendement est donc adopté par le CT.

M Julliard refuse de l’intégrer et soumet  au vote le  projet initial qui fait fi du vote des représentants des personnels et des demandes des agents concernés, ceux-là même qui vont être sur le terrain! Notre adjoint n’a rien fait pour susciter l’enthousiasme autour de son projet. Bien au contraire !

C’est ça la logique participative de la Ville !

L’élu décide, le personnel subit.

Et bien non il ne faudra pas subir mais faire échec aux prétentions de l’éxécutif de maltraiter les agents pour plaire aux parisiens qui ne savent pas malheureusement comment la Ville nous méprise.

Nous en appelons aux élus du conseil de Paris et en particulier à ceux qui sont favorables à l’ouverture du dimanche pour qu’ils ne permettent pas une ouverture dans de telles  conditions.

Nous rappelons qu’au SUPAP-FSU nous restons opposés  à l’extension des ouvertures le dimanche, à   la remise en cause du repos dominical.

 

Pour tout contact, joindre Marie-Claude Sémel et Virginie Drucker : 0144701288

 Ci -dessous deux interventions des collègues d'Hélène BERR :

  •  une déclaration de la majorité de l'équipe
  •  une intervention d'un expert

 

 

Déclaration de l'équipe

Merci d’abord aux collègues de l’intersyndicale de nous permettre de prendre la parole ici.

Une majorité de l’équipe de la médiathèque Hélène Berr demeure circonspecte quant à la mise en place de l’ouverture dominicale dans l’établissement et dans le réseau. Nous voudrions vous exposer ces motifs, qui demeurent sans réponse précise alors que la date de l’ouverture est annoncée pour le 22 janvier 2017.

Certes, nous avons eu quelques éclaircissements sur la prime, le rattrapage des heures, la parité étudiants/titulaires, la présence d’un vigile, et d’une équipe de nettoyage. Mais le point crucial des effectifs titulaires n’est toujours pas pris en considération :

Nous sommes actuellement en sous-effectif : 3 postes nous manquent pour atteindre notre objectif-cible en fonctionnement normal (soit 35 ETP). On nous en propose 1 plus « 2 en rattrapage » (soit 3 en plus): c’est suffisant pour un fonctionnement normal, mais très insuffisant dans le cas d’une ouverture dominicale. Nous avons besoin d’au moins 5 titulaires en plus.

 
Le bureau nous propose une parité de 7 ou 8 étudiants/7 titulaires. C’est insuffisant. Nous  avons besoin de 18 personnes le dimanche.

 

a) C’est une situation de travail inadmissible : elle nous impose 5 heures de service public d’affilée sans possibilité de pause.

b) En outre, le standard ne sera pas assuré avec ce chiffre : où est le label Quali Paris dans une bibliothèque qui ne répond pas au téléphone de toute l’après-midi ?

c) Enfin, comment faire en cas de problème dans un étage, puisque nous serons tous pris par le service public, y compris le responsable d’établissement : comment aider un collègue en difficulté ? gérer un conflit entre usagers ? organiser une évacuation en étant seul dans un espace ?

 

Or il y a d’expérience un report des usagers de la semaine et du samedi vers le dimanche, et Hélène Berr sera moins dotée en personnel le dimanche que le samedi, et que les autres établissements.

 
Notre bâtiment a beaucoup de contraintes, et n’a pas été conçu pour l’ouverture dominicale. Il est cloisonné sur 6 étages, ce qui demande beaucoup de personnel en service, et cause une pénibilité au travail ; il possède 3 escaliers d’évacuation. Nous alertons d’ores et déjà les élus sur de futurs problèmes de sécurité.

 
Les soucis de santé (TMS) qui affectent l’équipe causent des soucis pour le travail, notamment le service public, car tous ne peuvent assurer les plages difficiles.

 
Nous ne pouvons pas ouvrir le dimanche avec si peu d’effectifs. Nous demandons donc à être au moins 9 titulaires présents le dimanche pour pouvoir assurer tous ces points très problématiques, car nous tenons à un service de qualité auprès de nos usagers. Cela représente un effectif total de 45 personnes physiques. Nous ne sommes pas seuls dans ces revendications, et appuyés par un certain nombre d’élus parisiens. 6 autres établissements sont concernés et suivent de près l’ouverture dominicale d’Hélène Berr. Si un service public dégradé et dégradant est mis en place, nous agirons en conséquence, et engagerons le réseau des bibliothèques à faire de même.

 

 Intervention d’un expert au CT :
Je profite d'avoir la parole pour faire un petit exercice d'imagination. Un petit récit d'anticipation.
Nous sommes le dimanche 22 janvier 2017. Il est midi trente. Le conservateur attend fébrilement que tous les agents titulaires pointent et que les étudiants arrivent.

 12h45 un étudiant est en retard. On l'appelle; il ne viendra pas; il a échangé avec un autre qui lui a oublié. Bref on fera sans lui c'est-à-dire avec 7 étudiants et 7 titulaires.

12h55 On distribue aux titulaires des bouteilles d'eau: qu'ils boivent mais pas trop; ils seront en poste toute la journée et qu'ils ne s'avisent pas d'être aux toilettes si l'alarme retentit!
13h les portes ouvrent : une nuée d'étudiants se précipite au 5ème étage pour occuper les tables de travail. Au 4ème et au 1er on range les documents rendus la veille au soir.

13h20: malheur le 5ème signale que la Wifi ne marche pas bien. On le signale au chef d'établissement qui arrête de renseigner les lecteurs pour joindre le permanent de la DSTI.

15h20 les familles arrivent. Le 4ème étage, celui de la Jeunesse signale qu'il ne faut pas que les poussettes montent à l'étudiant qui est à l'accueil, mais celui-ci ne peut répondre au téléphone ; il doit gérer un usager qui lui demande avec insistance d'accéder à la terrasse et un autre qui veut son numéro de compte lecteur pour aller sur Internet.

16h au 2ème un étudiant appelle au 4ème pour savoir si on inscrit un mineur venu sans ses parents ; il ne peut demander à son collègue, car c'est le chef d'établissement qui est parti régler un conflit au Rdc. Il appelle au 4ème en Jeunesse mais c'est un autre étudiant qui répond et qui n'en sait rien car le titulaire renseigne au fond de l'étage une enseignante qui aimerait des albums sur l'hiver.

17h au 1er et au 4ème les chariots sont tellement pleins, trois personnes ne suffisent pas pour les ranger, les documents d'entassent sur le bureau ; personne ne peut venir en renfort des bureaux les aider (comme c'est le cas aujourd’hui le samedi) ; tant pis, les ouvrages seront mis par terre et ce sera aux collègues du mardi de les ranger.

18h Tout le monde est sorti et tout le monde souffle : heureusement qu'il n'y a  eu ni panne d’ascenseur,  ni incendie, ni alerte attentat, ni de conflit entre usagers car le dimanche n'est pas une journée comme les autres : c'est le jour où le grain de sable n'a pas sa place.

Malheureusement, j'aimerais que cela reste de la Science-Fiction mais voilà à peu près à quoi ressemblera un dimanche à Hélène Berr si l'administration continue à penser le dimanche comme une sous-journée, faite par des sous-agents pour un service de sous-qualité !

Mais pour la CFDT, qui pense qu'il s'agit de bonnes conditions. Je lui propose donc d'engager des militants CFDT pour ouvrir la bibliothèque en sous-effectifs et pallier la dégradation du service public, à laquelle, nous, agents d'Hélène Berr sommes réellement attachés!

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