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Résolument indépendants de tout parti politique dans leur engagement syndical, la FSU et le SUPAP-FSU ne sont  cependant pas indifférents aux débats qui traversent la société.

Nous avons beaucoup critiqué la politique du gouvernement et pour cause : chômage massif, précarité de l’emploi, destruction de services publics, besoins sociaux peu ou mal assurés, augmentation de la pauvreté (un million de pauvres de plus en dix ans), discriminations en tout genre se perpétuent. Mais pour certains, tout va très bien. Il n’y a qu’à voir les profits distribués aux actionnaires des grandes entreprises (plus de 55 milliards d’euros en 2016) ou le montant de la fraude fiscale (80 milliards d’euros par an), alors que le « déficit » de la sécurité sociale s’élevait à 14 milliards en 2014. Cette situation engendre de la colère

L’issue des prochaines élections est très incertaine. Les enjeux de ces scrutins sont masqués par le brouillard médiatique ambiant et la duplicité du langage de Marine Le Pen. La porosité de ses idées et les surenchères font le jeu dangereux de la candidate de l’extrême droite, créditée jusqu’à plus de 25% d’intentions de vote, surfant sur les attentes de citoyens-nes désabusé-es, victimes des politiques libérales, usé-es par la crise économique, sociale et politique, qui accentuent la désespérance sociale.

Le Front national n’est pas un parti comme les autres, il représente un danger réel que nous appelons à contrer.

Ce que fait le FN quand il est au pouvoir

Le FN n’est pas un parti anti-système, là où il est, il déploie une organisation clientéliste. Il dit parler « au nom du peuple » et des « petits », mais il brise les solidarités en s’attaquant au milieu associatif et culturel comme par exemple au Secours Populaire.

Pour réduire les impôts, il fragilise le service public en supprimant des postes de fonctionnaires territoriaux, préférant des contractuel-les à sa botte. Dans les mairies tenues par l’extrême droite, il n’hésite pas à exercer des pressions sur les agent-es, à utiliser honteusement les réseaux sociaux comme moyen d’intimidation... C’est au cœur des pratiques de l’extrême droite, qu’émerge son vrai visage. C’est à ce travail de longue haleine de décryptage de son discours et de son programme, engagé il y a plus de trois ans, que la FSU s’emploie avec ses partenaires, dont la CGT et Solidaires.

En février près d’Hénin Beaumont, en décembre au cœur du Vaucluse, les réunions de l’observatoire intersyndical des politiques et pratiques municipales de l’extrême droite s’enchaînent. Les témoignages y affluent et éclairent les diverses approches de l’extrême droite qui jongle avec la préférence nationale, la mise au ban de fonctionnaires territoriaux et de représentants syndicaux, les attaques contre les institutions (la justice par exemple), les menaces contre les services publics locaux, la stigmatisation raciste et les attaques des populations les plus fragiles.

Le vote FN n’est pas la solution !

De nombreux agent-es connaissent des difficultés accrues à remplir leurs missions, à exercer le métier pour lequel ils et elles se sont engagés-es. Ils et elles sont souvent en contact avec une population en difficulté qui exprime de plus en plus fortement son "ras-le-bol". Propositions irréalistes, contradictoires, à mille lieues de nos valeurs, la mise en application du programme du FN ne résoudrait rien, au contraire.

Au-delà du seul scrutin présidentiel, le risque est grand de voir surgir lors de la prochaine législature un groupe conséquent de député-es d’extrême droite à l’Assemblée nationale, dans une période de grande confusion politique. Les programmes aussi lissés soient-ils ne laissent aucun doute sur leur dangereuse cohérence pouvant s’accommoder des institutions de la cinquième république.

Garantir les solidarités envers tous, à partir d’un meilleur partage du travail et des richesses, faire des choix de justice sociale et d’égalité dans tous les domaines (culture, éducation, logement, protection sociale, droits sociaux, santé, autonomie …), lutter contre toutes les formes de discriminations, c’est ce  chemin qui inspire notre action syndicale. Nous voulons société socialement juste, accueillante, solidaire et fraternelle

En cette période de crise, nous voulons remettre en avant les valeurs de tolérance, d’échange et de partage, la force du collectif qui sont fondamentales. La solidarité et l’égalité des droits pour toutes et tous, la valorisation du service public si décrié, la défense du statut, de l’emploi, des salaires, des retraites et des conditions de travail, la défense des libertés démocratiques sont au cœur de notre projet. Ce sont ces valeurs que nous continuerons à défendre, quelle que soit demain la politique de celles et ceux qui gouverneront.

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