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Publié par SUPAP-FSU

Nous avons été reçus en audience à la DASCO  le 1er juin, et notre demande de revalorisation de la prime pour les animateurs/trices lecture n'a pas abouti.

Par ailleurs nous participons aux réunions de concertation pour l'élaboration du nouveau règlement de service de l'animation, dans lequel figurera le cadrage pour les espaces lecture. Nous venons vous faire part ici des sujets abordés.

Au regard de ces deux temps nous souhaitons vivement inviter à la vigilance quant à la place de ce dispositif et des agents qui le font vivre.

La DASCO nous a rappelé que les animateurs/trices lecture étaient des animateurs/trices comme les autres, sous-entendu qu'ils devaient s'estimer heureux d'avoir cette fonction et ne pas en attendre davantage.

Dans le cadre du nouveau règlement de service,

différents points ont été abordés :

Le taux d'encadrement 

Bonne nouvelle ! Le nouveau règlement de service entérinera, pour les ateliers lecture, le taux d'encadrement mentionné dans l'ancien règlement,  à savoir 1 adulte pour 10 enfants en maternelle et 1 pour 15 en élémentaire. Cela n'impliquera pas de personnel supplémentaire, le ratio enfants/adultes s'effectuant sur l'effectif global. La difficulté le mercredi midi de maintenir un atelier lecture a été évoquée mais rien n'a été spécifié. Le problème est particulièrement sensible en cas d'effectifs bas et d'équipe restreinte.

La prise de repas

La question de la prise du repas pendant le temps de service a suscitée des discussions. Le positionnement des différents syndicats est divergent.

Le SUPAP  considère qu'il est préférable que les missions soient exercées durant la totalité du temps de service. Nous disposons d'un outil formidable et il serait vraiment dommage que sur les 2 heures où nous pouvons intervenir, nous déduisions 15 ou 20 minutes pour déjeuner. Il a été suggéré par la DASCO que nous prenions le temps de déjeuner tout en étant remplacé par un membre de l'équipe...

Rappelons ici que lorsque les animateurs/trices déjeunent durant leur service c'est en relation avec leur mission d'accompagnement  et en présence des enfants. Si les animateurs/trices lecture déjeunaient sur ce temps il leur faudrait passer d'un rôle à un autre ou être déchargé/es d'enfants. L'organisation des services de cantine est souvent complexe et nécessite un cadrage rigoureux qu'il ne serait pas très judicieux d'alourdir. D'autre part  remplacer les animateurs/trices lecture peut à terme signifier que tout le monde est en capacité d'assurer les missions relatives à ce dispositif...

Ce qui pourrait éventuellement s'envisager en élémentaire avec un accueil le midi en libre circulation (dispositif nécessitant cependant la connaissance du lieu et l'application d'une démarche spécifique) serait en maternelle un très mauvais choix, sachant que les ateliers les plus élaborés se déroulent sur ce temps-là.

Bien sur les animateurs/trices lecture peuvent se sentir lésés de ne pouvoir déjeuner sur leur temps de service, il est donc essentiel de considérer que leur poste les place, de fait, dans une position  différente de leur collègues et qu'à ce titre une reconnaissance de spécificité n'est pas superflue.

Une spécificité qui dérange 

Cette notion de spécificité semble irriter certains interlocuteurs à la DASCO. Nous ne listerons pas ici ce qui a déjà été écrit dans le tract du 4 mai 2017 « reconnaissons enfin les compétences des professionnels exerçant dans les espaces lecture ! »  au sujet des différentes missions et tâches qui en découlent, nous rappellerons juste que les animateurs/trices lecture animent 11 ateliers par semaine en dehors des temps extra scolaires avec un temps de préparation proportionnel. Reconnaître cette implication ne les place pas en dehors de l'équipe d'animation mais affirme leur rôle particulier sur lequel il serait plutôt judicieux de s'appuyer pour enrichir les pratiques d'animation.

La dotation de livres

Un nouvel élément s'avère préoccupant : « Il » a été décidé, et nous sommes bien en peine de savoir précisément par qui, quand et comment, de remplacer la dotation annuelle de livres dans chaque espace lecture par un dispositif de mallettes thématiques à disposition pour ceux et celles qui souhaiteraient en bénéficier. Nous n'avons actuellement aucune information sur la prise en charge de l'équipement et la gestion de ces nouveaux outils ni des lieux où ils seront stockés. Cette décision nous semble, pour plusieurs raisons, extrêmement problématique : d'abord elle prive les espaces lecture de ressources pérennes, nous savons, par expérience, combien il est important pour les enfants de pouvoir retourner régulièrement vers les livres présentés, d'autre part faire vivre les livres dans différents ateliers selon des modalités diversifiées est source d'enrichissement, c'est à dire les avoir à disposition en permanence, enfin il est également essentiel de pouvoir les proposer à l'équipe d'animation ou enseignante selon les besoins exprimés et non dans une période limitée.

De plus leur utilisation va nécessiter de se déplacer pour aller les chercher et les rapporter, outre des problèmes liés au portage (à moins que les mallettes soient conçues allégées!) cela s’inscrira dans un temps hors des heures de service, un de plus ! Les 60 heures certainement ! Il est fort probable que cela décourage plus d'un/e collègue...

Nous allons nous retrouver avec des fonds non vivifiés, des mallettes probablement sous exploitées, une charge de travail supplémentaire pour qui aura la responsabilité logistique de cette nouveauté.

Face à nos questionnements il a été répondu qu'il fallait être capable de fonctionner autrement, de remettre en question nos pratiques... Certes ces paroles semblent de bon sens, mais nous tenons à rappeler que notre métier nous invite quotidiennement à questionner nos pratiques car travailler avec des enfants d'âges différents, dans des temps aux nécessités plurielles et ce dans un contexte de collaboration et coopération qui nécessite de fait adaptabilité et renouvellement. Donc une fois pour toute les animateurs/trices lecture ne vivent pas dans une tour d'ivoire accueillant quelques enfants triés sur le volet, avec des pratiques archaïques et immuables ! Ils/elles s'investissent sur leurs missions en relation avec l'équipe dont ils/elles font partie dans une dynamique de projet !

L'inventaire, un sujet qui fâche !

Nous avons bien compris que l'envoi systématique de l'inventaire en fin d'année n’entraîne nullement le renouvellement des livres manquants ou abîmés. Certains pensent qu'il serait légitime « d'arrêter de perdre du temps » et de cesser de le faire. Nous pensons que l'inventaire est un outil indispensable pour connaître son fonds de livres. La responsabilité du fonds nous incombe et c'est tant mieux, cela légitime notre professionnalisme. Cesser de remplir cette tâche nous priverait d'un outil important. Si nous souhaitions manifester notre mécontentement nous pourrions cesser de l'envoyer tout en le gardant à disposition dans notre espace lecture.

Temps de décharge, l’aberration de la deuxième quinzaine de septembre !

Nous avons rappelé que la décharge de début d'année, placée depuis la réforme, la deuxième quinzaine de septembre est une aberration. Elle est en complet décalage avec nos nécessités de travail et les besoins des enfants. Dès la rentrée il est nécessaire de remettre nos lieux en état (surtout s'il y a eu occupation des locaux durant l'été), nous devons concevoir et écrire notre projet, prendre contact avec les équipes et les familles (élémentaire) et constituer les groupes d'enfants.

En maternelle, accueillir les enfants durant quinze jours pour ensuite fermer l'espace lecture et ouvrir  de nouveau quinze jours plus tard ne contribue absolument pas à la construction de repères, besoin pourtant fondamental pour l'équilibre des enfants, notamment ceux de petite section.

Nous ne comprenons toujours pas ce positionnement de la DASCO, si ce n'est disposer d'un réservoir d'agents disponibles en cas d'effectif agents insuffisant !

En conclusion :

la spécificité est une richesse, source de complémentarité et d'enrichissement, cultivons là !

De par leur formation initiale et l'apport des formations continues auxquelles ils/elles ont accès, les animateurs/trices lecture  développent des compétences spécifiques. Ils/elles acquièrent une expérience précieuse à travers les nombreux projets qu'ils/elles mettent en œuvre et les démarches qu'ils/elles élaborent. Ils/elles peuvent jouer un rôle de conseil et être force de proposition en reliant et articulant les activités de leurs collègues à travers une dynamique de questionnement et de recherche tout en favorisant le développement de la capacité à réfléchir et argumenter. A ce titre ils/elles sont des personnes dont les ressources peuvent contribuer à l'enrichissement de tous . En insistant pour les situer comme animateurs/trices au même titre que leurs collègues, la ville discrédite leurs compétences et par la même l'intérêt et la valeur de ce dispositif au potentiel d'exception.

Avec la réforme et l'Aménagement des Rythmes Éducatifs, la ville a réorganisé partiellement la filière animation dans un sens structurel (modification hiérarchique), en refusant l'exigence  de diplômes (BPJEPS, DEJEPS). Elle a maintenu une absence de volonté quant à la professionnalisation de son personnel. En omettant de reconnaître et de valoriser les animateurs/trices lecture avec leurs compétences spécifiques et leur grande implication, elle continue d'envoyer des signes de sa méconnaissance des métiers de l'animation et de leur importance dans l'accompagnement éducatif des enfants.

Les animateurs/trices investi/es dans ce dispositif mesurent quotidiennement le bien-fondé de leur travail, les enfants par leur participation active confirment l'importance de ces espaces singuliers source d'échanges et de connaissance, les familles fréquemment manifestent leur attachement à cette possibilité de découverte et d'enrichissement pour leurs enfants. Les animateurs/trices lecture continueront d’œuvrer avec ambition en dépit du nivellement dans lequel, on ne sait pour quelle raison valable, on les enfermerait, voire réduirait, bien volontiers.

Pour tous :

La  polyvalence n'est pas une variable d'ajustement au détriment du cœur de l'animation !

Les animateurs/trices dans leur ensemble ont des compétences multiples, ils savent s'adapter à des enfants d'âges différents, ils interviennent dans des temporalités variées, s'arrangent de locaux pas toujours adaptés, ils maîtrisent une diversité de contenus et savent mettre en jeu des approches et démarches ciblées : oui les animateurs/trices possèdent ces qualités et à ce titre sont polyvalents. Mais la polyvalence n'est pas une variable d'ajustement pour  pallier à des tâches d'hygiène (pas de personnel dédié pour le change durant certains temps), pour pallier à des tâches de ménage (réfectoire en cas d'accident pendant les repas, ATEC  non remplacées sur le temps du goûter),  pour pallier à l'absence de personnel ( missions de surveillance au détriment d'ateliers spécifiques).

Nous avons un métier, nous en sommes fiers.

Mobilisons-nous pour sa pleine reconnaissance, et ce dans toute sa diversité !

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