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Le rapport sur les inégalités mondiales 2018  montre que les inégalités de revenus ont augmenté dans presque toutes les régions du monde ces dernières décennies, mais à des rythmes différents. La forte disparité du degré d’inégalité observée d’un pays à l’autre, même lorsque ces pays sont à des niveaux de développement comparables, met en lumière le rôle déterminant des institutions et des politiques publiques nationales dans l’évolution des inégalités.

Les 1% d’individus recevant les plus hauts revenus dans le monde ont profité deux fois plus de cette croissance que les 50% d’individus les plus pauvres. Ces 50% du bas ont cependant bénéficié de forts taux de croissance, alors que la classe moyenne mondiale (dans laquelle on retrouve les 90% d’individus les plus pauvres en Europe et aux États-Unis) voyait la croissance de son revenu comprimée

La divergence est particulièrement extrême entre l’Europe de l’Ouest et les États-Unis, qui avaient des niveaux d’inégalité comparables en 1980, mais se trouvent aujourd’hui dans des situations radicalement différentes. Alors que la part de revenu du centile supérieur était proche de 10% dans les deux régions en 1980, elle est un peu montée en Europe en 2016 (12%), mais elle s’est envolée à 20% aux États-Unis. Dans le même temps, aux États-Unis, la part des 50% les plus pauvres est passée de plus de 20% en 1980 à 13% en 2016.

En France, les inégalités ont eu tendance à augmenter, mais moins qu’aux Etats-Unis par exemple. Les 1 % les plus riches ont capté 21 % de la croissance depuis 1983, date du fameux “tournant de la rigueur”.  Mais on reste loin des niveaux d’inégalités observés outre-Atlantique, où les revenus ont stagné depuis 1980 pour la moitié de la population. Les inégalités entre hommes et femmes demeurent très élevées : parmi les 0,1 % des Français aux revenus les plus élevés, on ne trouve que 12 % de femmes.

Les inégalités économiques sont en grande partie le fait de l’inégale répartition du capital. Celui-ci peut être détenu soit par le secteur privé, soit par le secteur public. Le rapport montre que, depuis 1980, de très importants transferts de patrimoine public à la sphère privée se sont produits dans presque tous les pays, riches ou émergents. Alors que la richesse nationale a augmenté de manière substantielle, la richesse publique est aujourd’hui négative ou proche de zéro dans les pays riches. Cette situation limite vraisemblablement la capacité d’action des États contre les inégalités, et elle a assurément des conséquences importantes pour les inégalités de patrimoine entre individus ainsi que pour les services publics.

Le résumé du rapport en français

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