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Publié par SUPAP-FSU

DECLARATION DU SUPAP-FSU AU COMITE TECHNIQUE DE LA DASCO LE 6 DECEMBRE 2017

Monsieur le président,

Nous voici réunis pour la première fois depuis votre prise de fonction le 6 octobre.

L’ordre du jour de ce comité technique comporte trois points ; le bilan formation et l’ouverture de l’école des métiers de la DASCO, sur lesquels nous aurons beaucoup à dire (notamment l’absence de formations diplômantes pour les agents de l’animation), et deux autres sujets importants pour les professionnels impactés, mais ne concernant que quelques dizaines d’agents sur les plus de 15 000 de notre direction.

Nous ne pourrons donc pas aborder une multitude de sujets ayant pour conséquences la dégradation de la qualité de notre service public et des conditions de travail de nos collègues.

Nous ne pourrons pas évoquer le manque de centaines d’animateurs sur le temps d’interclasse tous les jours qui rend plus compliqué le travail des équipes d’animation et met la Ville de Paris hors la loi par le non-respect des taux d’encadrement périscolaires. Peut-être y-a-t-il un lien entre ces énormes difficultés de recrutement et la rémunération au SMIC de ces agents assortie d’une exigence de BAFA ? Vous me direz, à raison, que d’un point de vue financier c’est mieux que les trois années où ces mêmes agents ont été payés en dessous du SMIC avant l’intervention de notre syndicat auprès de Mme Hidalgo.

Nous ne parlerons pas de l’absence d’agents, formés et déchargés d’enfants, responsables de l’hygiène corporelle en maternelle sur les temps extrascolaires pour la cinquième année consécutive qui continue de perturber le fonctionnement des centres de loisirs et de provoquer des conflits entre personnels animateurs et ASEM qui n’ont ni les uns ni les autres à effectuer ces missions.

Nous n’aurons pas d’échanges sur les regroupements de centres de loisirs de plus en plus systématiques à chaque période de vacances scolaires même lorsqu’il n’y a pas de travaux dans les écoles. 3, 4, 5 accueils de loisirs recevant parfois plus de 100 enfants dans des locaux inadaptés, ce n’est pas acceptable ! Ni pour les équipes d’animation, ni pour les enfants accueillis dans ces conditions.

Nous ne parlerons pas non plus du site Paris.fr qui indique toujours, malgré notre signalement, que les enfants de 3 à 7 ans peuvent être accueillis en centre de loisirs maternel. Faut-il de nouveau rappeler que cela signifie qu’un enfant de CE1 peut fréquenter un centre maternel, ce qui est une aberration d’un point de vue pédagogique ? Par ailleurs, la mairie ne sait-elle pas que nous accueillons des centaines d’enfants de moins de 3 ans scolarisés en petite ou toute petite section ?

Nous n’aurons pas l’occasion de vous questionner sur le système de pré-inscription, que nous avions dénoncé à sa mise en œuvre et qui ne fonctionne toujours pas. Sur certains sites, on constate des différentiels de plusieurs dizaines d’enfants entre le prévisionnel et les enfants réellement présents, ce qui a pour conséquence le déplacement massif d’animateurs sur des écoles qu’ils ne connaissent pas alors qu’ils avaient participé aux réunions de préparation et envisagé des plannings collectifs d’activités sur d’autres structures. On en est à un point où des CASPE se basent sur les effectifs de l’année précédente, souvent plus fiables que ceux des enfants préinscrits !

Nous n’évoquerons pas non plus l’absence de responsables de point d’accueil (RPA) sur plus de 250 écoles et ce que cela entraine sur ces sites :

-surcharge de travail supplémentaire pour les REV.

-direction de l’accueil collectif de mineurs assuré bénévolement par un animateur quand le REV est absent.

Nous ne connaitrons pas votre avis sur l’attribution toujours aussi tardive et au compte-goutte des postes supplémentaires pour accueillir, comme le prévoit la loi, les enfants porteurs de handicap. Avec cette question à laquelle notre employeur ne sait répondre : comment accueillir dignement sur les TAP cinq enfants porteurs de handicap différents avec un seul poste supplémentaire ? Et toujours ce non choix cornélien : regrouper cinq enfants porteurs de handicaps sur un même atelier au mépris de leur choix ou accompagner l’enfant porteur du handicap le plus lourd et tant pis pour les quatre autres ?

Ce ne sont que quelques exemples. Nous aurions également pu parler :

-de l’absence de triptyque sur chaque site, écoles ou collèges, comme l’exige pourtant la loi, obligeant des agents à se déplacer en CASPE ou à l’Arsenal alors qu’ils viennent d’être victime d’un accident de service.

-des conséquences de l’absence complète de temps de préparation des ateliers TAP pour les ASEM.

-de la disparition de la dotation de nouveaux ouvrages jeunesse sur les espace lecture (40 livres par an il y a quelques années, puis 20 par la suite) au profit d’un dispositif de mallettes à thèmes nécessitant une organisation complexe ente écoles et générant un temps de travail supplémentaire conséquent pour les animateurs lecture.

-du manque de personnel UGD en CASPE et de la formation incomplète de ces agents, qui engendrent des erreurs et des retards de traitement dans l’établissement des fiches de paie, face à une surcharge de travail évidente.

-du choix de la Ville de ne proposer qu’un recrutement sans concours C1 pour les adjoints d’animation cette année. Choix pour lequel on voit bien l’économie réalisée par la Ville en s’épargnant l’organisation d’un concours et en rémunérant ses agents via une grille qui leur fait bénéficier d’1 point d’indice supplémentaire, 4,686 euros, à chaque passage d’échelon, jusqu’au 6é échelon inclus. Choix pour lequel on voit moins l’intérêt en termes de qualité de service public ou de perspectives attrayantes offertes par la Ville à ses agents.

-de l’écart entre les postes budgétaires prévus au budget 2017 et proposés au budget 2018 et l’état des effectifs réels au 10 octobre 2017.

-Et bien évidement des milliers de faux vacataires, qui devraient être en CDD puis en CDI au bout de 6 ans, travaillant sur des postes permanents parfois sur un volume horaire annuel supérieur à celui des fonctionnaires à temps complet. Agents dont la situation de précarité est encore augmentée par le fait de ne plus recevoir de décisions de travail de leur employeur comme c’était le cas avant la réforme de l’aménagement des rythmes éducatifs (ARE).

Enfin, quelques derniers mots sur le règlement de service de l’animation dont les travaux avaient bien débuté en mars dernier et s’étaient poursuivis au rythme satisfaisant d’une réunion mensuelle. Puis plus rien pendant 6 mois jusqu’à la prochaine réunion prévue le 20 décembre prochain. Nous vous rappelons que nous sommes au cours de la 5e année d’ARE, et que nous continuons à naviguer à vue avec au mieux des règlements obsolètes sur certains temps, au pire aucun règlement sur d’autres temps périscolaires ! Sans vouloir être taquin, il serait tout de même souhaitable de parvenir à conclure ce règlement avant que la Ville n’envisage une autre organisation de la semaine à l’avenir !

J’aurai malheureusement pu poursuivre cette longue énumération, mais je ne voudrais pas vous démoraliser dès le début de votre mandat.

Je vous dis donc, Monsieur le président, bienvenue à la DASCO ! Je vous souhaite sincèrement de pouvoir résoudre tout ou partie des problématiques que je viens de soulever. Soyons optimistes !

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