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Publié par SUPAP-FSU

Dans un tract du  28/06/2017 nous faisions part de nos inquiétudes quant à la perspective d'un  nouveau dispositif de dotation de livres dans les Espaces Lecture, nous y voilà ! Qu'en est-il exactement ?

C'est nouveau ça vient de sortir !

Les valises à roulettes/mallettes en provenance de la DASCO, annoncées lors des regroupements de début d'année sont arrivées dans les Espaces Lecture courant décembre.

Concrètement : 63 livres répartis en 3 thématiques et 3 valises, sont attribués à des pôles constitués de 3 ou 4 Espaces Lecture. Cette nouvelle dotation constitue donc un fonds collectif.

Elle se substitue à l'ancienne formule qui permettait à chaque Espace Lecture un apport annuel d'une petite quinzaine de livres. Apport commun pour les EPL et BCD, au détriment depuis fort longtemps des plus jeunes, nous y reviendrons un peu plus loin.

Mais ça vient d'où ? 

Nous n'identifions pas ce qui a motivé cette modification. Nous n'avons pas les chiffres mais il semble que ce choix ne soit pas d'ordre budgétaire (63 livres pour 3 ou 4 EL correspond à peu près aux dotations précédentes en nombre de livres).

Peut-être l'idée des mallettes et thématiques est-elle considérée comme pratique incontournable pour bien exercer ses missions et que nul ne doit y déroger ?

Ce que nous analysons c'est que cela entraîne des changements non négligeables :

Les 3 valises ont un port d'attache commun pour 3 ou 4 Espaces Lecture.

Pôles déterminés par les CASPE sur des critères au choix : de proximité ? D'équilibre EPL/BCD ? D'harmonisation des motivations et compétences?

En tout cas visiblement pas sur des affinités professionnelles puisque les principales et principaux intéressés n'ont pas été consultés. On imagine assez bien le casse-tête pour les CTAE et les possibles déceptions voire mécontentements pour les animatrices et animateurs.

De même le choix imposé de l'endroit de livraison implique une responsabilité incontournable pour l'animatrice, animateur, heureux élu pour le stockage.

Ce changement va modifier les pratiques. De manière inévitable un travail d'équipe supplémentaire va s'imposer : cotation, couverture, coordination de cycles de travail, emprunt...

A moins qu'il ne décourage d'emblée les bonnes volontés ou entraîne une adhésion molle suivie d'une utilisation aléatoire et disparate selon les personnes, les lieux, les projets...

La montagne aura accouché d'une souris !

Mais parler de renouvellement des pratiques comme il nous a été suggéré est de bon ton et s'apparente plus à de la démagogie à tonalité culpabilisante !

Et ça va jusqu'où ?

Les pratiques collaboratives font partie de notre métier et sont fréquentes.

Cependant elles nécessitent DU TEMPS !

Définir, ajuster et mettre en œuvre des moments communs de réunion, se déplacer, transporter les valises (pas si légères que ça, surtout pour celles et ceux nombreux qui ne bénéficient pas d'ascenseurs) oblige à dégager du temps.

Prendrons-nous sur nos temps d'ateliers, au détriment des enfants ? Est-ce conforme à nos missions ? Serons-nous remplacés ?

Offrirons-nous gracieusement notre temps personnel pour satisfaire ce qui n'a pas été réfléchi et anticipé ?

Après tout entre 13h30 et 15h ou 16h30 beaucoup d'entre nous faute d'avoir la possibilité de rentrer chez eux seront bien contents de trouver une saine occupation !

Mais oui ! Sommes-nous bêtes ! Ce sont les fameuses 60 heures et plus si affinités que nous connaissons si bien, un refrain jamais démodé et dégainé à discrétion !

Bon pour l'heure nous sommes en janvier, les projets ont été rédigés depuis longtemps et chacun est engagé sur des actions déjà bien définies et planifiées, tout cela fait fichtrement désordre !

Halte la coupe est pleine !

Depuis un certain temps nous dénonçons le montant dérisoire de la prime accordée aux animatrices, animateurs lecture : 34 euros brut mensuel ! Et surtout son absence de revalorisation 11,23 euros en 27 ans !

Nous avons été reçus en audience à ce sujet le 01 juin 2017 et sommes repartis avec l'assurance que rien ne changerait, qu'aucune amélioration n'était envisageable !

Les animatrices, animateurs lecture étant des animatrices, animateurs comme les autres doivent s'estimer heureux d'avoir cette fonction et ne pas en attendre davantage, ni d'avantages d'ailleurs !

Et maintenant il faudrait trouver et donner du temps supplémentaire hors rémunération pour répondre à une volonté tombée du ciel et sous couvert d'être capable de modifier nos pratiques!

 NON !

Nous disons non ! On ne peut pas d'un côté faire fi de nos revendications, nous cantonner à la catégorie C avec un bonus dérisoire de 34 euros mensuel, accompagné d'une attitude condescendante et de l'autre nous en demander plus encore ! Cette absence de considération devient de plus en plus insupportable !

Fonds et fond : ça manque de souffle et de mise en perspective

On peut dans un premier temps regretter, pour le fonds, une absence de renouvellement pérenne, repérable par les enfants et favorable à la multiplicité des mises en réseau.

Même en baisse régulière depuis plusieurs années, pour des raisons très certainement budgétaires, ce renouvellement constituait un apport apprécié et constructif.

Cependant il a été annoncé qu'au bout de trois années environ, les 63 livres pourraient être répartis dans les espaces lecture. Un livre ne pouvant se partager en 3 ou 4 on se représente aisément les tractations et insatisfactions...

Enfin et de manière récurrente il existe un mécontentement largement partagé autour du très faible nombre de livres adaptés aux problématiques des plus jeunes.

Alors que les espaces petite enfance, les contenus et démarches afférentes sont valorisées, l'inadéquation des livres fournis pour cet âge est problématique.

Dans cette perspective la nouvelle dotation collective ne semble pas plus enthousiasmante.

La prise en compte de cette attente de nombreuse fois réitérée à juste titre par les epélistes mais balayée à coups d'arguments peu convaincants aurait pu faire, à l'occasion de ce nouveau dispositif, l'objet d'une prise en considération et d'une dotation spécifique, répondant ainsi à un réel besoin largement sous-estimé !

Voilà un changement attendu, espéré qui aurait fédéré les motivations et mobilisé les compétences !

Cela aurait permis entre autre d'entrer en résonance avec le « protocole d'accord du 20 mars 2017 pour l'éveil artistique et culturel des jeunes enfants » émanant du ministère des Solidarités et de la Santé et du ministère de la Culture qui met en avant des actions dont nous pourrions faire partie si nous accordions une réelle valeur à nos pratiques.

Au-delà de ce qui peut sembler après tout presque anecdotique et pourrait s'amortir en accordant « généreusement 1h supplémentaire » pour couvrir les livres et faire taire les plus virulents... s'esquisse un manque criant d'ambition de la Ville à l'égard d'un dispositif qui pourtant dans sa conception n'en manque pas.

Nous l'avons déjà écrit : beaucoup de communes rêveraient de bibliothèques comme celles des écoles parisiennes avec de plus du personnel formé. Un levier fort pour laccès à la langue, la valorisation culturelle, le sens d'un bien commun à disposition et partageable par tous dans le lieu par excellence des apprentissages et des valeurs éducatives.

A l'heure les dispositifs d'évaluation (Enquête internationale PIRLS 2016) constatent des résultats inquiétants et indique « Cette étude n'est pas la première à mettre en exergue la baisse préoccupante des résultats des élèves français en matière de maîtrise de la langue » et préconise dans le cadre « d'initiatives en faveur du livre et de la lecture : un état des lieux des bibliothèques scolaires va être réalisé pour préciser l'état des fonds et les usages en vigueur. »

A l'heure le secrétaire général du ministère de la Culture écrit dans son éditorial relatif au protocole cité précédemment : « Le rapport au symbolique et à l'expérience sensible, l'éveil à la créativité, la découverte de la culture comme espace d'échanges avec autrui, de connaissance de soi et du monde, comme mode d'expression et vecteur de lien social, constituent des enjeux essentiels pour l'avenir de notre société. », nous ne pouvons que constater combien les missions auxquelles le dispositif des Espaces Lecture pourraient prétendre sont à la ville injustement peu considérées voire déconsidérées.

Bien évidemment c'est un petit maillon dans la chaîne mais le sous-estimer ne rend service à personne et surtout pas aux enfants dont le service public a la charge.

La Ville, en faisant si peu de cas de cette ressource pourtant essentielle se prive et son personnel avec, d'une reconnaissance et d'un rayonnement qui serait tout à son honneur.

Pour provisoirement conclure, la réforme, avec l'accès à la catégorie B, a réorganisé partiellement la filière animation dans son sens structurel et crée un début d'ouverture pour ce métier.

Une ouverture vers le management, l'administratif mais bien peu vers l'acte même d'animer.

Aucune reconnaissance ni valorisation de l'expertise nécessaire dans le domaine des contenus et des démarches n'a jusqu'alors été mise en perspective et bénéficiée aux agents impliqués.

A l'heure se profile une école des métiers de la DASCO va-t-on enfin se rendre compte qu'intervenir auprès des enfants (et non seulement auprès des adultes) avec des compétences spécifiques et transversales comme les personnes ressources ou les animatrices, animateurs lecture appelle une réelle reconnaissance et valorisation salariale. C'est à dire enfin agir pour que le fond soit aussi, sinon plus, essentiel que la forme ! A moins que cette belle coquille vide fasse l'affaire pour briller dans la vitrine...

Le SUPAP-FSU revendique dans un premier temps une revalorisation conséquente de la prime pour les animatrices et animateurs lecture et soutient la légitimité de l'accès à la catégorie B pour toutes celles et tous ceux qui exercent des missions spécifiques d'animation !

Cependant n'oublions pas en ce début d'année de nous réjouir de l'obtention du retour du regroupement d'horaires et de la décharge de septembre, les quinze premiers jours d'école. Le bon sens et le respect de la spécificité de nos projets ont prévalu, nous continuerons en 2018 d’œuvrer dans ce sens.

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