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Publié par SUPAP-FSU

Concession de service public : alors que le privé devrait, en théorie, prendre et assumer tous les risques, la collectivité finit quand même, souvent, par payer ! Pour Autolib, le groupe Bolloré réclame 233 millions d’euros  aux collectivités.

Le contrat a été signé en 2011 pour une concession de 12 ans et  il était prévu que le service Autolib’ fonctionne sans aucun fonds public, en dehors des dépenses d’investissement liées à l’installation des stations. En théorie.

En pratique, l’entreprise Bolloré, qui a signé le contrat en 2010 suite à un appel d’offres, a intégré une clause qui dit tout autre chose : le concessionnaire s’engage à prendre à sa charge les pertes… jusqu’à 60 millions d’euros. Or, Autolib, afficherait un déficit cumulé de 293,5 millions d’euros jusqu’en 2023. Bolloré réclame donc 233 millions d’euros, d’ici à la fin de la concession. Chiffre que la Ville de Paris conteste et qui risque de donner lieu à de longues procédures.

Certes…mais de Vélib à Autolib en passant par les marchés avec Decaux et aux partenariats public/privé, ne serait-ce pas l’ensemble des rapports entre le public et le privé qui seraient à revoir de manière à ce que l’Etat et les collectivité cessent de livrer au privé les services publics qui rapportent …. Tout en épongeant les dettes quand ils sont en déficit ?

Il semble assez évident que sur cette question on ne va pas dans le bons sens, et ce n'est pas une question purement parisienne !

Post-scriptum

Ce 8 juin la Ville communique dans une lettre envoyée  aux agents en indiquant :

« Au moment de la signature délégation de service public (DSP), confiée à une filiale du groupe Bolloré par les collectivités adhérentes réunies en un syndicat mixte métropolitain, le plan d’affaires prévoyait que le service dégage un bénéfice net au terme de la concession (prévue en 2023).  Dès les premières années, le nombre et la durée des trajets en Autolib’ se sont révélés en dessous des prévisions. En parallèle, le secteur de la mobilité a considérablement évolué (émergence des VTC et des scooters en libre-service) »

Naïveté ? La vraie question  est, peut-être,  pourquoi ne pas avoir blindé la DSP de manière à ce que le déficit éventuel ne retombe pas sur les collectivités adhérentes  et les usagers…Mais aussi  comment faire dans le cadre des réglementations actuelles,  où tant les DSP que les marchés publics posent des problèmes complexes à résoudre de contrôle de qualité et de respect du cahier des charges pour que l’Etat et les collectivités locales ne deviennent pas la vache à lait du privé au dépend des usagers…Et des personnels ?

Impossible équation quand le libéralisme prime sur le service public ? C'est bien la question.

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servitudevolontaire86 19/06/2018 16:51

Quelque soit le bout par lequel on prenne le problème on parvient toujours au même résultat en économie néolibérale : la faillite.La servitude volontaire qui prend la forme de la « Délégation de Service Public » (D.S.P.)fonctionne toujours suivant le même principe :les intérêts privés (Bolloré and Co)se partagent les profits tandis que la collectivité (le Bien Public)se partage les dettes.Le néolibéralisme (l’Etat au service des puissants intérêts privés)n’est viable ni économiquement,ni socialement,ni écologiquement,ni internationalement (cf Bolloré and Co qui fait de substantiels profits à l’ombre des dictatures africaines dans le cadre d’un capitalisme colonial rénové).Bref c’est un échec patent.Il convient d’en tirer TOUTES les conclusions.