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Publié par SUPAP-FSU

Rappelons en préambule les objectifs avancés par la Ville pour justifier la mise en œuvre de la préinscription en centre de loisirs, et confirmés dans le bilan transmis aux organisations syndicales par l'administration (voir pièce jointe) :

"L'inscription préalable obligatoire vise à améliorer la qualité de l'accueil, par une meilleure connaissance du nombre d'enfants présents et à réduire le gaspillage alimentaire."

Nous allons voir pourquoi, après deux ans d'existence du dispositif, ces objectifs sont loin d'être atteints.

Une formulation trompeuse

C'est le point majeur qui fait que le dispositif actuel est un échec. En effet, la Ville parle d'une inscription préalable obligatoire. Ce n'est pas le cas.

Il s'agit uniquement d'une inscription préalable obligatoire pour payer le tarif normal ! Ce n'est pas du tout la même chose!

Pour des raisons électoralistes, et contrairement à de nombreuses collectivités locales, la Ville de Paris a fait le choix d'ouvrir les centres de loisirs aux enfants non préinscrits, avec à la clé une majoration du tarif de 30%.

Cette option ménageant la chèvre et le chou ne permet pas d'anticiper efficacement les effectifs d'enfants accueillis.

Dans de nombreuses communes, il s'agit d'une véritable préinscription obligatoire qui permet de connaitre bien en amont le nombre d'enfants accueillis chaque jour. Les équipes d'animation sont alors constituées en conséquences, les sorties peuvent être exactement calibrées. Dans ce cas, effectivement, il y a une amélioration de la qualité de l'accueil et une réduction du gaspillage alimentaire.

D'un point de vue idéologique, les avis sont très partagés sur le principe même de la préinscription obligatoire dans le cadre d'un service public, y compris au sein de notre organisation syndicale.

En tout état de cause, nous pensons que la Ville a fait le pire choix avec la formule actuelle qui engendre une charge de travail supplémentaire sans gain en qualité pour notre service public.

Un calendrier inadapté qui constitue un aveu d'échec

Comme l'an passé, la Ville prolonge la période d'inscription jusqu'au jour des vacances, soit le 6 juillet cette année !

Le bilan précise que l'année dernière, 25% des inscriptions, soit 10 159 enfants, ont été faites par les parents durant cette période de prolongation pour les centres de loisirs d'été.

Les actions éducatives des CASPE et les directeurs d'été devront-ils recruter pendant le week-end du 7-8 juillet pour assurer un taux d'encadrement suffisant pour le premier jour de CLE, lundi 9 juillet ???

Tout ceci est aberrant et vient confirmer la faillite du système actuel.

Sur le plan pédagogique, que penser du fait de recruter à J-1 des collègues qui n'auront participé à aucune réunion de préparation ? Quels personnels va-t-on trouver alors que les référents à qui la Ville n'avait pas donné de postes seront partis travailler pour d'autres communes ou en vacances ?

Une charge de travail supplémentaire pour les REV

A l'origine, il avait bien été indiqué aux REV que ces préinscriptions se feraient par les parents via le portail Facil' familles et de manière exceptionnelle par les REV avec les bulletins papier. Qu'en est-il après deux ans ?

Au-delà des difficultés récurrentes liées au portail lui-même (problèmes d'identifiants, de mots de passe, d'inscriptions d'enfants sur des structures fermées ou ne correspondant pas à la bonne tranche d'âge, etc…), on constate encore aujourd'hui, malgré une diminution depuis la mise en œuvre, un pourcentage énorme d'inscription via les bulletins papiers saisis par les REV.

Encore 38% d'inscriptions papier lors des dernières vacances de Noel 2017 ! Et ce n'est qu'une moyenne ! Le bilan fait état de 85% d'inscriptions via le portail sur le 8ème et 83% sur les 4 et 5ème. Cela signifie qu'il y a vraisemblablement des arrondissements où plus de la moitié des inscriptions se font encore sur papier ! Et la Ville parlait d'exception !

Des chiffres qui confirment l'inefficacité du dispositif

-Encore plus de 25% d'enfants présents non inscrits en moyenne, et ce malgré une baisse par rapport à la mise en œuvre. Et là aussi avec de fortes disparités locales avec trois arrondissements à plus de 40% d'enfants présents non inscrits, dont 47% sur le 18ème !

-Jusqu'à 30%, en moyenne, d'enfants inscrits absents en aout 2017. De même, plus de 29% d'enfants inscrits absents aux vacances d'automne sur les 3ème, 18ème et 20ème !

Ces chiffres confirment que cela ne fonctionne pas. Et encore, comme il est précisé dans le bilan : "Il faut souligner que les équipes accompagnent les parents dans la démarche, notamment en diffusant les bulletins papier, pour plus de 80% d’entre eux, voire en procédant aux inscriptions, avec les parents ou à leur place, pour les trois quarts d’entre eux. Sans cet accompagnement des équipes, le taux des enfants présents sans inscription serait plus élevé."

Une évaluation honnête…mais on continue quand même !

Notre organisation syndicale partage complètement le constat fait par la Ville sur le dispositif actuel :

"Cette situation n’a pas permis jusqu’à présent d’atteindre les objectifs poursuivis en termes d’amélioration de l’accueil des enfants grâce à une meilleure organisation des activités et de réduction du gaspillage alimentaire."

En revanche, nous ne partageons pas la conclusion de l'administration sur la poursuite de cette réforme et les ajustements à envisager pour atteindre les objectifs fixés.

Si nous sommes d'accords avec la nécessité d'améliorations techniques du portail pour les parents, nous sommes plus que dubitatifs sur les pistes envisagées concernant les autres points.

Sur les calendriers, la Ville sous-entend une généralisation de la possibilité d'inscription via le portail jusqu'au dernier moment. Nous y sommes opposés pour les raisons mentionnées précédemment.

Sur la communication aux familles, difficile de ne pas sourire lorsque la Ville avance :

"Le bilan amène à prévoir une communication renforcée sur l’activité même des centres de loisirs, la structuration de la filière et les formations mises en œuvre pour professionnaliser le métier d’animateur, le PEDT et les projets pédagogiques conduits."

Va-t-on communiquer sur une filière animation avec 8 agents de catégorie A pour plus de 2400 de catégorie C ?

Sur la professionnalisation, la Ville mettra-t-elle en avant les brevets BAFA et BAFD dont il est rappelé sur le site du gouvernement qu'ils permettent d'exercer à titre occasionnel et non professionnel ?

Pour conclure, notre organisation syndicale estime que la préinscription actuelle est une usine à gaz, occasionnant une surcharge de travail pour les REV et ne permettant pas, dans la majorité des écoles, une juste anticipation des effectifs d'enfants accueillis. Le gain attendu en qualité de service n'y est pas.

Au regard de ce bilan, il nous semble urgent que la Ville prenne position, soit pour une préinscription réellement obligatoire, soit pour l’arrêt complet du dispositif.

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