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Publié par SUPAP-FSU

Nous avons écouté avec attention votre présentation de l’Ecole des métiers de la DASCO et lu au préalable les documents fournis pour la préparation de ce CT. Ceux-ci relèvent d’un travail d'expert : Tout y est pensé, soupesé, défini, organisé, élaboré, projeté...Tout semble maîtrisé. D'ailleurs c'est ce qui est attendu, des intentions claires, identifiables, quantifiables. Pour qui n'a pas l'habitude de manier au quotidien ce genre d'outils de communication cela peut donner une impression de vertige.

Mais le vertige n'est pas venu de ce trop bien lissé, de ce trop bien mis en lumière, non, le vertige est venu des zones d'ombre. Difficile de nommer cette opacité, de la qualifier, elle prend forme en négatif, en creux, l'envers du décor en quelque sorte.

Tentons de mettre des mots sur ce que cette apparence de transparence convoque comme arrière fond :

Nous avons espéré et revendiqué la reconnaissance et la valorisation du métier qu'est l'animation par la mise en place de formations diplômantes...sans succès...

Pour nous les formations proposées par l'école des métiers, pertinentes dans le cadre d'une dynamique de formation continue, ne pallieront en rien la profonde nécessité d'une formation initiale exigeante et ambitieuse. Une formation qui permette des acquisitions dans le cadre d'un accompagnement avec évaluation du chemin parcouru, mise en perspective et validation des acquis. C'est à dire l'inscription de nos pratiques dans une dimension professionnelle reconnue.

Cette école pour asseoir son projet a jugé bon de mettre un terme à 6 des centres de ressources centraux. Vous mentionnez des concertations et des perspectives d'évolutions professionnelles pour les actuels agents de ces centres. Nous avons plutôt entendu de leur part beaucoup d'incertitude, voire du désarroi et de la colère. Il est vrai que devenir VRP de la méthodologie ne fait pas toujours envie même sous le vocable d'ingénierie de formation.

Sur le terrain de nombreux agents sont restés déconcertés à l'annonce de ce choix : comment imaginer que les problématiques liées à la citoyenneté, l'environnement, les sciences, le multimédia, la musique, le goût, perdent les supports et compétences qui leur donnaient toute leur acuité ?

Il faudra sérieusement construire l'argumentaire pour donner un sens recevable à cela.

Résumons : pas de formations initiales diplômantes, plus de reconnaissance et valorisation d'un chemin de progression via la singularité de compétences et d’expériences.

Un autre élément vient renforcer notre inquiétude quant à la valeur accordée à l'acte éducatif qu'est l'animation : il s'agit de l'absence, malgré nos multiples réitérations, de revalorisation de la prime Espace Lecture. Sachant qu'à travers ces lieux il est possible d'offrir aux enfants un accès privilégié à la langue, sachant que ce levier est essentiel dans la lutte contre les inégalités, on mesure le manque navrant de reconnaissance des savoirs et savoir-faire que beaucoup de communes, pourtant, nous envient à travers ce dispositif.

Enfin pour compléter ce tableau : le recrutement des adjoints d'animation en 2018, et de nouveau en 2019, exclusivement à l’échelle C1, c'est à dire sans épreuves écrites nous laisse dubitatifs quant à la volonté de donner de l'envergure à ce métier.

Pour conclure : s'adosser aux valeurs de l'éducation populaire pour faire de l'animation un métier reconnu, valorisé et valorisant, voilà nos convictions. Aujourd'hui il nous semble que nous sommes loin du compte.

Bien sûr nous n'avons pas de chiffres, cependant nous constatons fréquemment que des animateurs, animatrices, porteurs de diplômes de l'animation ou autres, cherchent assez rapidement à quitter la DASCO faute d'un terrain propice à une implication de qualité et d'une réelle reconnaissance de leurs compétences et engagement. Voilà un secteur où l'attractivité financière est faible et la reconnaissance bien peu envisagée.

En ce qui nous concerne, l'école des métiers de la DASCO ne répond pas à nos attentes. L'animation mérite mieux, les enfants et leurs familles également. A l'heure où faire société  est parfois si difficile il serait urgent de penser en profondeur, la forme ne suffira pas.

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Suite au vote contre de l'ensemble des organisations syndicales présentes, le Comité Technique sera de nouveau réuni sur ce point le 23 novembre. Cela ne changera probablement rien sur le fond, la Ville pourra faire passer sa réforme à cette occasion même en cas de nouveau vote contre des organisations syndicales. Au moins, notre désaccord unanime aura été entendu.

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