Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Publié par SUPAP-FSU

 

En marche vers la Précarisation !

Le Premier ministre a annoncé cette semaine sa volonté de pousser vers le privé nombre de fonctionnaires et confirmé sa volonté de recourir au recrutement par contrat. Le Ministre de l'action et des comptes publics en a lui annoncé les conditions à la presse. Ces mesures visent à permettre des réorganisations de services liées aux suppressions des 120 000 emplois « promis » par le Président de la République.

En plus d’ouvrir la voie à un large plan de départs volontaires (et donc in fine à des postes non remplacés/supprimés), le gouvernement envisage d’élargir (encore !) le recours aux contrats non titulaires… sur des postes permanents ! Soit accroire toujours plus la précarité au sein de la fonction publique.

En « prime », le gouvernement a dévoilé un projet de nouvelle architecture des rémunérations des agent-es de la Fonction publique visant à mettre en place un salaire au mérite ! Un système aléatoire, potentiellement discriminant et totalement entre les mains des employeurs sans réel dialogue social. Parce que le monde du travail n’est pas si simple, la promotion ou la rémunération au mérite est un vœu pieu, qui expose les agents aux discriminations opérés par des employeurs/managers qui ne sont pas toujours ni neutres, ni bienveillants !

La FSU dénonce ces mesures. Elles sont à l'extrême inverse du travail engagé avec le protocole PPCR (Parcours Professionnels, Carrières et Rémunérations) qu'il aurait fallu prolonger pour faire des déroulements de carrière et de la revalorisation indiciaire (intégrant une part des primes), la colonne vertébrale des rémunérations de toutes et tous les agent-es de la Fonction publique.

 

 

Numérisation = Risques d’exclusion !

Pour compenser la suppression annoncée de 120.000 postes (dont on ignore encore combien seront supprimés dans la fonction publique territoriale !), le gouvernement annonce une nouvelle vague de développement du service public numérique…

Le temps arrive donc où partout, on remplacera 10 agents/humains par 2 ordinateurs en libre-service et (soyons fous !) deux jeunes en service public ! Une situation déjà connue dans certaines administrations et services (la CNAV, au hasard) qui conduit les usagers et partenaires à s’arracher les cheveux faute d’interlocuteur humain ET conduit au développement de services privés (associatif ou payants) prenant le relais d’une administration aux abonnés absents faute de moyens humains !

Remplacera-t-on bientôt les kinés, sorties et activités en EHPAD et Clubs par la seule console Nintendo Wii ? L’humain et les valeurs humaines sont-ils définitivement passés de mode ?

Il semble que le Gouvernement, entêté à réorganiser et supprimer toujours plus de postes et services, fasse fi de l’alerte donnée il y a quelques mois seulement par le Défenseur des Droits qui dénonçait "le recul de l'accueil dans les services publics à l'ère de la dématérialisation" !

 

 

 

Indicateurs d’efficacité = Perte de sens !

Autre annonce : celle de la mise en place, d’ici la fin de l’année, « d’indicateurs d’efficacité » pour évaluer les services de proximité.

Un non-sens dans le contexte actuel, où, dans toutes les administrations et services, les agents subissent depuis des années la pression du « faire toujours plus avec toujours moins de moyens », impactant bien évidemment la qualité des services rendus (et la santé des agents !). À quoi bon évaluer l’efficacité de services dans le même temps qu’on les prive de moyens, sans envisager de créer les moyens manquants ?

Rappelons que les indicateurs sont notoirement inefficaces pour accroître la qualité des services. En effet, comme peuvent le constater tous les agents, une administration trouve toujours le moyen de répondre convenablement à un critère ! On citera l’exemple de QualiParis : on demande aux agents de prioriser certains actes pour répondre aux critères évalués, sans plus se soucier de ce qui n’est pas évalué (et souvent ne peut l’être) ! C’est ainsi que le travail des agents à tous les postes perd son (bon) sens : quand la priorité n’est plus à la qualité du service rendu mais au « scoring », c’est-à-dire à la production de chiffres qui répondent aux fameux « critères ».

 

Recul du Service public = Privatisation.

Ces dernières années, l’offre privée/lucrative n’a cessé de se développer et gagner du terrain en réponse au recul de l’offre du service public. Il est désormais admis que  payer une société privée est le meilleur moyen d’obtenir une carte grise dans des délais raisonnables ! Autre exemple : dans le 19ème arrondissement, deux services ont ouvert proposant, aux personnes en difficultés, une aide socio-juridique payante destinée – entre autres -  à résoudre les problèmes CAF et monter des dossiers de surendettement ( !!!) pour prendre le relais de services sociaux manquant notoirement de moyens ! Considérerons-nous tous normal demain de recourir au secteur privé lucratif et payer pour des services qui aujourd’hui sont publics et gratuits ? Nous orientons-nous vers un « service minimum » destiné à ceux qui n’ont pas les moyens du privé ?

La casse du service public ne sera donc pas un problème pour ceux qui auront les moyens de s’offrir des alternatives privées ; les autres n’auront qu’à s’offrir un ordinateur et espérer que leur dossier soit assez simple pour ne nécessiter aucune aide ou intervention humaine !

Avec toujours moins d’agents disponibles, des délais de traitement qui s’allongent, des accueils à la qualité dégradée… les usagers ne manqueront pas d’être mécontents du service public. Que leur proposera alors le gouvernement ? Une nouvelle vague de privatisation ? Toute la fonction publique semble suivre le train de la SNCF !

Décidément la Fonction publique s'éloigne de plus en plus de ses principes et de son sens définit par l'intérêt général ! Cela est d'autant plus préjudiciable que ces mesures n'amélioreront ni la situation des agent-es ni le bon fonctionnement des services.


La FSU demande au gouvernement d'entendre les désaccords qui s'expriment et d'ouvrir des discussions portant sur le recrutement de fonctionnaires, la revalorisation salariale de toutes et tous les agent-es, le développement de la formation et de l'accompagnement des agent-es.

 

Pour la défense de nos

conditions de travailservicespublics :

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article