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Publié par SUPAP-FSU

Déclaration du SUPAP-FSU au comité technique DASCO du 3 juillet 2019

Aujourd'hui 3 juillet 2019 se tient le premier comité technique post élections professionnelles. Nous y parlerons de l'école des métiers, du bilan de formation 2018, de l'évolution des services centraux de la direction, ou encore du nouveau régime indemnitaire, le RIFSEEP. Des sujets passionnants.

Comme d'usage, vous avez bien fait les choses. Des dossiers conséquents ont été transmis aux organisations syndicales, résultats de réflexions, prise de décisions, objectifs et perspectives…On ne peut nier l'ampleur du travail accompli et à venir.

Cependant, sur le terrain, nous constatons que la réalité n'évolue pas, voire se dégrade. Les mêmes problèmes persistent malgré nos alertes récurrentes et de nouvelles difficultés apparaissent.

Nous arrivons au terme d'un deuxième PEDT, dont l'évaluation est en cours. Ce dispositif mis en œuvre en urgence fait perdurer des situations inacceptables.

Certes il y a eu depuis 2013, grâce à l'action syndicale, plus de 1 000 recrutements d'adjoints d'animation, des centaines de recrutements d'ASEM et ATE, et la création de postes de catégorie B pour les REV, les personnels de l'Action Collégiens et les chargé(e)s de coordination. Mais les points positifs sont très largement contre balancés par la dégradation de la qualité de notre service public, et des conditions de travail des collègues.

Cette dégradation généralisée, entretenue par les choix, ou les non choix, de la Ville, est quasiment systématiquement justifiée par l'argument des restrictions budgétaires. Argument également utilisé par la Ville pour justifier de l'absence d'une véritable filière de l'animation de la catégorie C à la catégorie A, ou le maintien à un niveau dérisoire de la prime animateur lecture.

Illustrons par quelques exemples.

ILLÉGALITÉ ET PRÉCARITÉ

  • Rémunération inférieure au SMIC de plusieurs milliers de vacataires de l'animation depuis janvier 2019 et de centaines de gardiens d'écoles depuis plus de 10 ans; situation qui aurait perdurée sans l'intervention de notre syndicat. Les collègues seront désormais payés…au SMIC…mais pas un centime de plus, ne rêvons pas !
  • Temps de travail quotidien de plus de 10h, et hebdomadaire de plus de 48h pour beaucoup de gardiens d'écoles vacataires et pour les adjoints éducatifs de l'Action Collégiens qui attendent depuis six ans l'actualisation de leur règlement de service. Vous trouvez ça normal ?
  • Taux d'encadrement des accueils périscolaires non respectés dans des centaines d'écoles chaque jour. Vous trouvez ça normal ?
  • Taux de qualification des agents non respectés dans des centaines d'écoles chaque jour. Vous trouvez ça normal ?
  • Détournement du "statut" de vacataire par l'emploi de milliers de faux vacataires sur des postes permanents, avec même, pour des centaines d'entres eux, un temps de travail supérieur à celui d'un fonctionnaire à temps complet. Vous trouvez ça normal ?
  • Dossiers administratifs des agents non conformes, quasi systématiquement non numérotés et classés sans discontinuité, en raison d'un manque flagrant de personnel dans les services ressources humaines.  Vous trouvez ça normal ? ETC, ETC…

CONDITIONS DE TRAVAIL ET QUALITÉ DU SERVICE PUBLIC DÉGRADÉES

  • Problème de l'hygiène corporelle des enfants en maternelle toujours pas résolu depuis six ans, avec toutes les conséquences, que nous avons régulièrement détaillées, pour les personnels et les enfants. Vous trouvez ça normal ? Nous attendons depuis plus de huit mois un "arbitrage" du Secrétariat Général ! Limpide illustration du cynisme de la Ville ! Nous alerterons prochainement les fédérations de parents d'élèves de ce dysfonctionnement grave et persistant.
  • Recrutements insuffisants d'ASEM et d'ATE, ne permettant pas le remplacement des collègues absents, ceci participant de l'usure professionnelle de ces corps où l'on constate une augmentation alarmante des arrêts de travail, accidents de service ou inaptitudes aux fonctions. Vous trouvez ça digne de la Ville de Paris ?
  • Recrutements insuffisants de personnels d'animation titulaires, et depuis deux ans uniquement sans concours à l'échelle C1, modalité qui devrait être réservé à la résorption de l'emploi précaire. Vous pensez vraiment que c'est la voie à suivre pour améliorer notre service public ?
  • Surcharge de travail considérable pour les UGD, et conditions de travail rendues encore plus difficiles depuis la suppression des huit jours de récupération, engendrant un turn-over important d'agents qui changent de direction dès qu'ils en ont l'opportunité. Vous trouvez que c'est une gestion humaine satisfaisante ?
  • ASEM et ATE travaillant lors des petites vacances dans des écoles non chauffées et parfois seules sur un site. Qu'en pensez-vous ?
  • Regroupements de centre de loisirs toujours plus fréquents lors des petites vacances, souvent dans des locaux inadaptés et insuffisamment chauffés en hiver. La conséquence, ce sont des équipes d’animation et des enfants en manteaux et bonnets dans les préaux et les dortoirs ! Vous trouvez ça positif ?
  • Fermeture des Centre de Ressources Centraux malgré le désaccord unanime de tous les personnels concernés et de toutes les organisations syndicales, avec à la clé une perte d'expertise extrêmement dommageable suite au départ de plusieurs directeurs et de la majorité des vacataires, écœurés par les propositions de "reclassement" de la DASCO dans le cadre de la réorganisation. Vous trouvez ça respectueux pour les collègues ?
  • Centre de loisirs d'été toujours préparés en urgence, et possibilité offerte aux familles de préinscrire leur(s) enfant(s) jusqu'au…5 juillet, jour des vacances, le tout sans que les REV aient été avertis de ce changement de calendrier ! Bref une préinscription qui ne sert à rien, engendrant une charge de travail administratif inutile pour les directeurs et ne permettant pas de connaître le nombre d'enfants accueillis. Pas bien grave, on changera d'écoles au dernier moment des dizaines d'animateurs ayant suivi les réunions de préparation et mobilisés sur des projets et des sorties programmées ! Vous considérez toujours ce dispositif comme un progrès ?
  • Absence de formations diplômantes pour les professionnels de l'animation, corrélée à l'absence de temps de préparation, réaffirmée avec le nouveau règlement de service de l'animation. Les brevets destinés à la pratique occasionnelle et non professionnelle font bien l'affaire et la préparation des ateliers, n'est visiblement pas nécessaire !  Userez-vous de la langue de bois pour nous expliquer que ces choix garantissent un service public satisfaisant ? ETC, ETC…

De nouvelles dégradations se profilent malheureusement à l'horizon avec la mise en œuvre de plusieurs mesures néfastes du règlement de l'animation, notamment les départs de vacataires à 18h le soir en maternelle et plus encore le dispositif irresponsable d'arrivées et départs échelonnés des personnels d'animation en centre de loisirs, dispositif au sujet duquel nous n'avons cessé, en vain, de vous alerter.

Bref, face à ce sombre constat, pour nous, la Ville de Paris n'est pas à la hauteur.

Et pourtant les moyens sont là !

Rappelons les propos récents d'Emmanuel Grégoire, premier adjoint à la maire, en charge des finances qui annonçait : "après une très bonne année 2017, un haut niveau de résultats en 2018. Paris reste l'une des grandes villes les moins endettées de France. Sa capacité de désendettement est très en deçà du plafond conseillé. Tous les indicateurs sont au vert ce qui a été confirmé par les agences de notation qui nous attribuent la meilleure note possible.".

Le secret de cette réussite exceptionnelle, M. Grégoire nous le révèle un peu plus loin : " Nous avons fortement maîtrisé nos dépenses de fonctionnement qui n’ont augmenté que de 0,46 % l’an dernier, un niveau beaucoup plus modeste que ce que nous autorisait l’Etat".

Nous y voilà, la Ville de Paris pratique donc bien, sur le dos de ces agents, une rigueur budgétaire qui va très au-delà des préconisations de la République En Marche. Merci Monsieur pour ce moment de sincérité.

Ce contexte nous permet de mieux comprendre pourquoi la Ville ne règle pas les questions primordiales qui permettraient l'amélioration de notre service public, et des conditions de travail et de rémunération des collègues.

Les dossiers bien étayés de notre employeur ne font pas le poids au regard de la réalité abrupte du terrain.

Les agents ne s'y trompent pas, ils sont en première ligne, braves petits soldats…

Braves oui ! Mais pas dupes, et en colère de tant de méprisante déconsidération !

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