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Publié par SUPAP-FSU

« Violence institutionnelle, dégradation des conditions de travail et du service public, maltraitance des personnels, inquiétude ». Ce sont les mots des membres du personnel SMS et médecins qui se sont exprimés au CHSCT de la DASES du 17 septembre au sujet du projet de service élaboré en principe dans le cadre d’une méthode participative. Des mots forts qui témoignent en tout cas d’un mal être certain et de beaucoup de questionnements sur la méthode et le fond du projet.

 

Ce CHSCT sera suivi par un comité technique le 26 septembre…mais le projet et les recrutements qui l’accompagnent sont déjà engagés.

 

Dans un cadre où la situation sociale de nombreuses familles se dégrade et où  l’Etat n’assure pas correctement une partie de ses missions, c’est une augmentation des moyens qui aurait été nécessaire. Or le projet est mis en œuvre à moyens constants lesquels sont actuellement insuffisants.

 

Le service fonctionne actuellement avec des binômes SMS / médecin. L’objectif est de  recruter sur 3 ans  37 infirmièr-e-s supplémentaires se substituant à 11 postes de médecins et 27 postes de SMS, sachant qu’actuellement 2 postes de médecins et 9 postes de SMS ne sont pas pourvus.

 

Les agents s’interrogent sur un manque de clarté et une inadéquation des moyens dans la mise en œuvre du projet. L’informatisation du service (les personnels travaillent aujourd’hui avec des dossiers papiers) a été présentée comme un préalable indispensable à la réalisation du projet. Le calendrier actuel la prévoit pour septembre 2020 alors que des cabinets de regroupements pilotes sont déjà mis en place dans certains secteurs et que certains commencent à appliquer le fait de ne plus faire de visites médicales systématiques.

 

Une des conséquences du recrutement à des postes de terrains d’infirmiers tout en maintenant l’enveloppe globale des effectifs est nécessairement l’augmentation du nombre d’écoles affectées à chaque médecin et SMS, et par là même une augmentation du nombre de déplacements pour participer à des réunions de concertation dans les écoles (médecins) et effectuer des dépistages et actions de promotion de la santé (SMS et infirmiers).

 

Augmentation également du nombre d’interlocuteurs : directeurs d’écoles, enseignants, RASED, assistants sociaux… et diminution du temps de présence effective dans chaque lieu au profit d’un cabinet de regroupement auquel seront affectées plusieurs écoles d’un même secteur et où devront se rendre, parfois en devant emprunter les transports en commun, les enfants convoqués en visites médicales et leurs parents. Ce qui permet actuellement des échanges réguliers sur place, parfois rapides et informels, élément qui est très apprécié dans les établissements scolaires et qui garantit un réel suivi des élèves en difficulté, risque de ne plus être possible.

 

Les interrogations sont aussi fortes sur la capacité de la direction des affaires scolaires à répondre aux objectifs du projet en termes de locaux.

 

Des interrogations sur le fond

 

La visite médicale de grande section, qui disparaît dans le projet au profit d’un simple dépistage effectué par un infirmer et un secrétaire médical et social garantit que chaque enfant puisse être vu au moins une fois dans sa scolarité par un médecin. Il s’agit d’un service gratuit proposé aux Parisiens qui permet de faire un point global sur la santé de l’enfant et d’accompagner les familles si des problèmes sont détectés, et que la mise en œuvre du projet de service ne prévoit pas de maintenir, l’activité du médecin devant se centrer sur le suivi des élèves présentant des difficultés et l’organisation de visites médicales « à la demande » (notamment du directeur, des enseignants, ...)

 

Ce projet prévoit en outre de donner une place de plus en plus importante à la conduite d’actions de « promotion de la santé » interventions et projets conduits dans les classes par  des secrétaires médicaux et sociaux et des infirmiers sur des thématiques de santé. Il convient de s’interroger sur le sens que l’on donne à cela alors que l’on entreprend d’éloigner le médecin scolaire de l’école, entreprise déjà en cours, la visite médicale de CE2 ayant déjà été supprimée l’année dernière. La promotion de la santé ne peut remplacer un acte médical.

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