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Publié par SUPAP-FSU

DÉCLARATION LIMINAIRE DU SUPAP-FSU AU COMITÉ TECHNIQUE DU 3 DÉCEMBRE 2019

Le budget prévisionnel emploi 2020 vient d'être soumis à l'avis des organisations syndicales au comité technique central.

Par deux fois, les 22 et 29 novembre, les sept organisations syndicales représentées dans cette instance ont voté contre ce projet de budget emploi. Celui-ci affiche, comme les années précédentes des centaines de redéploiements, terme pudique utilisé par l'administration pour signifier des suppressions de postes, et financer par ailleurs de nouveaux équipements et services.

La municipalité présentera ce budget emploi au Conseil de Paris tel quel, malgré l'avis unanime des syndicats, nous rappelant au passage sa conception du dialogue social et le côté strictement consultatif de ces instances.

On vous entend…mais on n’en tient aucun compte ! Cet adage est valable en central mais également dans les directions comme à la DASCO récemment avec la disparition affligeante des centres ressources centraux malgré là aussi un avis unanimement défavorable de tous les professionnels concernés et de toutes les organisations syndicales !

La politique de la municipalité, qui aura amené à 1 921 suppressions de postes au cours de la mandature, impacte particulièrement sévèrement la DASCO cette année. Comme si nous avions besoin d'une nouvelle dégradation de nos conditions de travail et d'aggravation de la précarité sur notre direction !

70 postes d'animateurs, 13 postes d'ASEM, 9 postes de PVP, seront, en effet, supprimés en 2020, au prétexte fallacieux de la baisse de la démographie scolaire. Désolant !

Que signifient ces 70 postes d’animateurs supprimés ?

Nous ne nions pas la baisse des effectifs scolaires qui est bien une réalité. Mais cette mesure de suppression massive de postes n’aurait été acceptable que dans un contexte d’emploi optimal de titulaires positionnés sur l’ensemble des services et complétés de contractuels à temps incomplet sur les services nécessitants moins de personnels.

La réalité est toute autre et bien moins glorieuse avec des centaines de faux vacataires à temps complet, des centaines de faux vacataires présents en postes fixes le soir en complément de contractuels à temps incomplets intervenants sur les autres temps.

Bref, là où il aurait dû y avoir une diminution de la précarité, nous aurons une diminution du nombre de titulaires et le maintien de plus de 10 000 collègues en situation de précarité plus ou moins grave.

Comment dans ces conditions la Ville entend-elle trouver les centaines d’animateurs manquants chaque midi sur l’interclasse, les plus de 200 postes de suppléants de REV non pourvus, les dizaines de postes d’animateurs lecture non pourvus, etc…

Ces suppressions de postes sonnent comme une provocation alors que nous ne cessons de signaler la nécessité de résorption de l’emploi précaire par des recrutements massifs de titulaires en C1, mais également par concours à l’échelle C2. 

Que signifient ces 13 postes d’ASEM supprimés ?

Alors que nous ne cessons d’alerter sur le non remplacement quasi systématique des ASEM en maladie, formation, congés ou autres raisons, la ville supprime encore des postes là où il faudrait en créer par centaines.

Faut-il rappeler ici la surcharge de travail dont souffrent les ASEM entraînant une explosion des inaptitudes aux fonctions depuis la réforme de l’ARE en 2013, une augmentation inquiétante des aménagements de poste suite à consultation de la médecine préventive, une augmentation non moins inquiétante du nombre de collègues en souffrance consultant le Service d’Accompagnement et de Médiation ?

Faut-il rappeler que des cellules de remplacement sont opérationnelles depuis la rentrée, ou en passe de l’être, sur l’ensemble des CASPE avec pour objectif de remplacer les collègues ASEM absentes et réduire ainsi les dégâts humains engendrés par l’inaction de la Ville depuis des années ? Comment ces cellules pourront-elles remplacer les ASEM absentes en réduisant encore un nombre d’agent qui ne permet actuellement quasiment aucun remplacement ?

Faut-il, enfin, rappeler que la Ville emploie encore illégalement près de 300 ASEM contractuelles à temps complet ?

Nous espérions conclure cette déclaration par une note positive avec l’annonce de l’extension des contrats des AREM, demandée par l’ensemble des organisations syndicales, pour régler définitivement la question majeure de l’hygiène corporelle des enfants en maternelle non résolue depuis six ans et demi, et à l’origine d’une dégradation sans précédent des conditions de travail des personnels des écoles et d’accueil des enfants.

Ce ne sera malheureusement pas le cas, la Ville nous proposant, comme trop souvent, une solution de bricolage indigne, par la mobilisation d’auxiliaires de puériculture inaptes à leurs fonctions…mais qui pourraient venir bénévolement donner un coup de main dans les écoles et changer les enfants souillés durant la période estivale ! Ou bien encore une proposition de « référent bien-être » aux contours tellement flous que la direction n’est pas en mesure de nous expliquer ce qu’il y a derrière cette appellation. Et ce, alors que nous expliquons depuis des années qu’il faut un dispositif simple : des agents formés et déchargés d’enfants pour assurer l’hygiène corporelle des enfants ainsi qu’une procédure claire établie par la direction pour la bonne réalisation de ces tâches.

Pour résumer, nous repartons donc de zéro sur la question de l’hygiène que la Ville ne veut clairement pas régler, et les suppressions de postes prévues par ce budget entraineront une nouvelle détérioration de nos conditions de travail. 

Malgré un budget sain, les choix politiques faits par la municipalité depuis des années pour notre direction ne favorisent ni les agents, ni les enfants accueillis et viennent encore dégrader une situation déjà très insatisfaisante.

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