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Publié par SUPAP-FSU

La pandémie de Covid 19 frappe plus durement les professions qui n’ont pas accès au télétravail et doivent se déplacer dans des transports encore trop surchargés tout comme elle frappe plus durement les personnes qui habitent dans les quartiers populaires et des logements inadaptés. C’est la première des inégalités !

Mais le télétravail est lui aussi une source d’inégalité forte particulièrement entre les femmes et les hommes comme le montre les études réalisées avant et pendant la pandémie.

Femmes et hommes ne sont, en effet, toujours pas logés à la même enseigne quand il s’agit de partager le temps, l’espace et les tâches domestiques. C’est ce que montre l’étude Coconel menée du 1er au 5 mai 2020 auprès d’un échantillon de 2 003 personnes. Le télétravail était autant la norme pour les femmes que pour les hommes, mais les conditions d’exercice de ce travail à distance ont été nettement différentes.

Plus souvent entourées d’enfants (48 % des femmes en travail à distance vivaient avec un ou plusieurs enfants au moment du confinement, contre 37 % des hommes), les femmes disposaient moins souvent d’une pièce à elles, détaille l’étude. Parmi les femmes qui ont travaillé à distance pendant le confinement, 42 % devaient le faire dans une pièce partagée, contre 26 % des hommes. Chez les cadres, cet écart se creuse : 29 % des femmes disposaient d’une pièce spécifiquement consacrée au travail, contre 47 % des hommes.

Selon une étude conduite par la CGT  44 % des femmes ayant des enfants de moins de 16 ans indiquent ne pas pouvoir travailler au calme, chiffre qui atteint seulement 31 % chez les hommes. ». Parmi les parents d’enfants de moins de 16 ans qui ont continué à travailler à distance, 47 % des femmes et 26 % des hommes disent passer plus de 4 heures supplémentaires par jour à s’occuper de leurs enfants.

D’après l’Institut national des statistiques, parmi les personnes en emploi, les mères ont deux fois plus souvent que les pères, renoncé à travailler pour garder leurs enfants (21 % contre 12 %).

Cette disponibilité et la fatigue liée aux tâches elles-mêmes ont conduit plusieurs spécialistes à alerter sur le risque de creusement des inégalités pendant le confinement. En période ordinaire, à la maison, les femmes s’acquittent de 72 % des tâches ménagères et 65 % des tâches parentales, pour en moyenne une heure et demie de travail quotidien supplémentaire par rapport aux hommes, selon une enquête de l’Insee de 2012.

« Les femmes sont les grandes perdantes du confinement, tant sur le marché du travail que dans la sphère domestique, après cinquante ans d’avancées », résume Anne Lambert, responsable de l’unité de recherche Logement, inégalités spatiales et trajectoires, à l’INED.

VÉRONIQUE BÉDAGUE-HAMILIUS,

Ancienne Secrétaire générale de la Ville de Paris, Directrice Générale déléguée Groupe Nexity2 fait également le même triste constat :

« Le  télétravail  c’est  le  travail  au  foyer, c’est  donc  aussi  le  grand  retour  de  la  femme  au  foyer,  qui  n’aura  même  plus besoin  de  sortir  de  chez  elle pour  s’occuper  de  la  maison,  des  enfants  et  de  son  boulot. "

Hors période de confinement, de nombreux collègues aspirent à plus de jours de télétravail. C’est l’enjeu de la discussion ouverte par la Ville de Paris avec les organisations syndicales et d’une délibération qui doit être soumise au comité technique. Nous comprenons cette aspiration et sommes partie prenante des négociations menées avec la municipalité.

Toutefois, au-delà même des questions que pose le travail en période de confinement nous craignons que ce projet qui, à ce stade, ne prend en compte ni les conditions matérielles du télétravail, ni les risques psycho-sociaux, ni son impact sur les inégalités femmes/hommes ne contribue à les renforcer.

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