Baisse des allocations familiales, taxe sur les mutuelles…un budget de la sécu qui reste antisocial
Ce mardi 16 décembre, ce sera le dernier passage du PLFSS (projet de loi de finance de la sécurité sociale) à l’Assemblée Nationale.
Après le passage à 64 ans pour la retraite, le déremboursement des médicaments, les jours de carence, la baisse de la couverture à 90% les jours suivants, la baisse de la durée et du montant des allocations chômage (près de 60% des 6 millions d’inscrit.es à France Travail ne perçoivent rien), voici ce qui est annoncé :
- Une taxe supplémentaire de 1 milliard sur les mutuelles qui vont augmenter leurs tarifs
- La baisse des allocations familiales pour les parents de mineurs de 14 ans et plus, officiellement pour financer un futur congé de naissance
- Plusieurs milliards de coupes budgétaires sur la santé, c’est-à-dire des moyens et des places en moins dans les hôpitaux, les maternités ou les EPADH
- La durée des arrêts de travail limitée à un mois (ce qui affectera les salarié.es les plus fragiles, atteints de maladies chroniques, en fin de carrière…)
- Des déremboursements notamment sur les cures thermales
C’est cher payé pour ce qui n’est ni une abrogation ni même une suspension de la réforme des retraites, mais une simple pause avant la reprise de l’augmentation de l’âge de départ pour aller jusqu’à 64 ans. Ceux nés entre 1964 et 1968 vont gagner (ou plutôt ne pas perdre) un trimestre (mais avant 2003 on partait à 62 ans !).
Alors que le budget de l’Etat ne prévoit aucune vraie taxe sur les ultra riches, le gouvernement a aussi annoncé qu’il n’y aurait aucun « coup de pouce » (pas d’augmentation au-dessus de l’inflation officielle) pour le SMIC (+1,18%) ou les prestations sociales (+1,4%).
S’il y a un déficit de la Sécu ce n’est pas parce qu’il y a trop de dépenses mais à cause des cadeaux aux grandes entreprises : l’an dernier, la Cour des comptes chiffrait les exonérations de cotisations sociales à plus de 80 milliards par an (le déficit de la Sécu est de 15 milliards).
Pour alimenter les caisses de la sécurité sociale (avec plus de cotisations sociales) il faut mettre fin aux exonérations dans conditions, créer des emplois dans les services publics, augmenter le SMIC et les salaires (dégeler le point d’indice), permettre l’égalité salariale femmes / hommes…
La lutte continue !