Overblog Tous les blogs Top blogs Associations & ONG
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Publié par SUPAP-FSU

Le chlordécone est un insecticide cancérigène qui a été utilisé dans les plantations de bananes en Guadeloupe et en Martinique pendant près de 20 ans. En dépit des luttes des ouvrier.es agricoles et des recommandations sanitaires, il n’a été interdit officiellement par la France qu’en 1990. 

Et en réalité, l’Etat français a permis aux gros planteurs de l’utiliser jusqu’en 1993 ! Des gros planteurs issus de familles qui ont bâti leur fortune sur l’esclavage et qui détiennent une grande partie des richesses (import-export, grande distribution, terres agricoles…).

Aux Antilles, les sols sont durablement pollués par le chlordécone et près de 90% des Antillais[1] seraient contaminés. La contamination entraîne un risque accru de cancers (de la prostate en particulier), de prématurité, elle a des conséquences sur les facultés cognitives des enfants exposés en période pré ou post natale, elle entraine la baisse de la fertilité féminine…

Mardi 2 juin, une proposition de loi « visant à reconnaître la responsabilité de l’Etat et à indemniser les victimes du chlordécone » a enfin été adoptée par le parlement.

C’est une première avancée mais beaucoup reste à faire. « La responsabilité de l’Etat dans « les préjudices sanitaires, moraux, écologiques et économiques subis par les populations » a été ramenée à sa « part de responsabilité », la notion de « préjudice d’anxiété » a été rejetée par le gouvernement. Il n’y a aucun calendrier pour dépolluer les terres et la loi donne "un an" au gouvernement pour remettre au Parlement un rapport sur les modalités de l’indemnisation des victimes.

Du côté de la justice, la cour d’appel de Paris dira le 22 juin s’il y a lieu de rouvrir ou non l’enquête sur le chlordécone, à la suite de l’appel des parties civiles qui contestent le non-lieu dans ce scandale sanitaire (après + 20 ans de procédure !).

A la Ville : dépistage gratuit du cancer de la prostate maintenant !

Depuis 2021 le cancer de la prostate à la suite d’une surexposition au chlordécone est reconnu comme maladie professionnelle.

Le dépistage est couteux mais essentiel pour faire face aux pathologies du chlordécone (plus le dépistage est tôt) et se faire indemniser. En mai 2023 le Conseil de Paris avait voté un vœu appelant à la mise en place de dépistages gratuits pour les Antillais.es.

A l’automne dernier le syndicat SUPAP-FSU et son Collectif DOM avaient interpellé la Ville pour que le dépistage gratuit soit mis en place sans délai et proposé à tous.tes les concerné.es, dont les agent.es de la Ville originaires des Antilles françaises. Nous venons de d’interpeller à nouveau la Ville à l’occasion d’une rencontre avec l’élu adjoint en charge de l’Outre-mer). Infos à suivre…

Justice et réparation pour les victimes du chlordécone !

Contactez notre Collectif DOM : supapfsucollectifdom@gmail.com

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article