Déclaration liminaire du SUPAP-FSU lors de la FS-SSCT DAE-DLH-DU du 14 Octobre 2026
Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les membres de la F3SCT,
Imaginez un monde,
Imaginez un monde du travail où, lorsque vous arrivez le matin, vous n’avez même pas de chaise pour vous asseoir.
Imaginez devoir travailler dans une salle déjà pleine, sans espace suffisant, sans conditions permettant d’exercer correctement vos missions.
Imaginez que les sanitaires soient inutilisables.
Imaginez ne pas avoir d’eau pour vous laver les mains, ni même d’eau potable pour vous hydrater.
Imaginez travailler dans des locaux où les plafonds et les murs s’effritent, où la dégradation des bâtiments fait peser des risques sur votre sécurité.
Imaginez devoir accomplir vos missions sans ordinateur, sans réseau, sans les outils indispensables à votre activité.
Imaginez ne pas savoir précisément ce que l’on attend de vous, tout en sachant qu’un examen en fin d’année pourra avoir des conséquences sur votre avenir.
Imaginez que vos perspectives professionnelles, dépendent d’une plateforme, d’un classement ou de quelques cases à remplir, avec le sentiment que votre avenir est décidé bien avant que vous ayez pu réellement choisir.
Imaginez ne pas disposer de conditions dignes pour vous restaurer.
Et imaginez enfin devoir travailler dans des locaux sans chauffage en hiver ou sans climatisation lorsque les températures deviennent insupportables.
Ce monde pourrait être celui d’un salarié confronté à une dégradation extrême de ses conditions de travail.
Mais ce n’est pas une fiction.
Ce sont les conditions dans lesquelles certains jeunes de notre pays sont amenés à étudier.
Ces jeunes sont les lycéennes et les lycéens. Ils sont notre jeunesse. Ils sont aussi, pour certains, les futurs agents publics, les futurs salarié·es, les futurs citoyen·nes qui feront vivre notre société.
Et lorsque ces jeunes se mobilisent pour dénoncer leurs conditions d’étude et réclamer des conditions dignes, leur parole doit être entendue.
Le SUPAP-FSU tient également à rappeler que la contestation sociale ne peut être traitée par le mépris ou la violence. Le droit de manifester et d’exprimer des revendications doit pouvoir s’exercer dans le respect des libertés publiques et de l’intégrité physique de chacun.
Il y a une cohérence à défendre les conditions d’apprentissage des jeunes lorsque nous sommes nous-mêmes, en tant qu’organisation syndicale, engagés quotidiennement pour la défense des conditions de travail.
La santé, la sécurité, la dignité et les conditions matérielles ne sont pas des variables d’ajustement.
Le SUPAP-FSU réaffirme donc aujourd’hui sa solidarité avec les lycéennes, les lycéens et les jeunes mobilisé·es pour obtenir des conditions d’apprentissage dignes.
La défense des conditions d’apprentissage et la défense des conditions de travail procèdent d’une même exigence :
Le respect de la dignité de toutes et tous.
Le SUPAP-FSU continuera à défendre cette exigence.