Travail du dimanche à Germaine Tillion : incertitudes et interrogations, l’équipe demande une audience
Notre direction nous a récemment appris que notre établissement situé dans le 16e arrondissement (métro Trocadéro) basculerait dans la liste de ceux ouvrant le dimanche à partir de septembre 2027.
Cette annonce suscite beaucoup d’inquiétude et des interrogations multiples sur notre avenir et nos conditions de travail.
Nous connaissons bien nos lecteurs et lectrices. Eu égard aux échanges que nous avons avec eux.elles, à ce que nous savons de leurs usages sociaux et culturels, nous nous demandons quelle serait la fréquentation réelle de notre établissement le dimanche.
Le choix de notre établissement s’appuie-t-il sur un besoin identifié à partir d’une étude ciblée portant sur le territoire concerné ?
Au moment où on explique que les budgets de fonctionnement doivent être contraints, à l’heure où il faut investir dans l’isolation thermique des bâtiments (à Tillion, par temps de canicule, des espaces sont rapidement insupportables), ce choix est-il fondé ?
Pour l’heure et pour de multiples raisons, une large partie de l’équipe ne souhaite pas, et même ne peut pas travailler le dimanche (charge familiale et possible coût d’une garde d’enfant le dimanche, situation de handicap parfois lourd et/ou allongement des temps de transport le dimanche, voire impossibilité de venir …). Pour les quatre membres de la bibliothèque qui travaillent à la fois à Musset et à Tillion, cette nouvelle contrainte s'ajoute à celle des trajets quotidiens inter-bibliothèques, source de fatigue.
De fait, une très large partie de l’équipe envisage, si la bibliothèque Germaine Tillion doit ouvrir le dimanche, une mobilité dans le réseau ou même en dehors de la Ville de Paris.
Cette prochaine vague de départs inquiète ceux qui souhaitent rester, compte tenu de la surcharge de travail qu'elle va entraîner. La bibliothèque peine déjà à recruter : emplacement excentré, service public à Musset. Quelles mesures seront mises en place pour compenser le sous-effectif à venir et pourvoir rapidement les postes vacants ?
Par ailleurs, à moins d’un an de l’échéance, il n’y a aucune information précise et officielle sur les modalités du passage au travail du dimanche, même si certains points ont été évoqués par l'équipe de direction.
Quel va être l’effectif cible du dimanche (combien de titulaires et combien d’étudiant.es contractuel.les recruté.es) pour un bâtiment complexe (surface importante, 2 niveaux, des pièces multiples, beaucoup d’endroits aveugles) ?
Comme pour les autres établissements, un seuil en dessous duquel il ne sera pas possible d’ouvrir au public a-t-il été arrêté ?
Le cycle va-t-il être celui d’un dimanche sur 5 comme pour les 10 autres bibliothèques du dimanche ?
Quels seront les jours de repos possibles compensant le dimanche travaillé ?
Quels seront les horaires d’ouverture, y aura-t-il un temps de pause ?
L’ouverture d’un 11e établissement le dimanche va-t-elle être l’occasion d’augmenter la prime qui ne l’a pas été depuis sa création il y a une quinzaine d’années ? Alors que pour certain.es travailler le dimanche pourrait constituer un coût supplémentaire.
Pour l’heure, il n’y a pas de démarche à notre intention pour objectiver la situation de l’équipe et de chacun.e (sous-effectifs actuels, mobilités prévues (retraite ou autre), temps partiels pour raison de santé, charge familiale…).
Cela nous semble pourtant absolument indispensable pour préparer cette réorganisation du travail et accompagner les agent.es qui le souhaitent dans leur possible mobilité, de manière à ce que l'administration leur propose un poste adéquat.
Comme le nombre d’établissements ne travaillant pas en cycle du dimanche se réduit à chaque nouvelle ouverture du dimanche, trouver un poste correspondant à ses compétences, ses impératifs personnels et ses projets professionnels devient plus difficile. C’est particulièrement le cas pour les agents à temps partiel, en situation de handicap ou proches de la retraite. Une mobilité éventuelle ne peut pas s’improviser.
C’est pour toutes ces raisons que nous demandons à être reçu.es dans les plus brefs délais par la DAC et Florian Sitbon, élu adjoint à la culture, avec une délégation de membres de l'équipe et des représentant.es du personnel.
Nous serions même ravi.es d’accueillir Florian Sitbon dans l’établissement pour un échange avec lui.
Les équipes de la bibliothèque Germaine Tillion, de la bibliothèque du tourisme et des voyages (BTV) et de la bibliothèque Musset