Lette de l’équipe de la médiathèque Virginia Woolf aux personnels de la DAC
Veuillez trouver ci-après une lettre de l'équipe de la médiathèque Woolf à l'attention des bibliothécaires du réseau parisien.
Nous soutenons leurs revendications (création de postes budgétaires, création de permanences pérennes de médiateurs.trices, horaires aménagés en attendant).
A la demande des collègues nous venons de déposer un préavis de grève pour cet établissement pour les mardi 14, mercredi 15 et jeudi 16 avril.
Nous vous tiendrons informé.es des suites (réponses de la DAC, mobilisation éventuelle du réseau...).
D'ores et déjà, n'hésitez pas à manifester votre soutien aux collègues.
Les élu.es et mandaté.es de la section DAC du SUPAP-FSU
Lette de l’équipe de la médiathèque Virginia Woolf aux personnels de la DAC
Nous, agents de la médiathèque Virginia Woolf, avons demandé aux organisations syndicales de déposer un préavis de grève pour les mardi 14, mercredi 15 et jeudi 16 avril 2026
Les effectifs de la médiathèque sont sous-évalués pour un établissement de cette taille et son agencement particulier.
En effet, nous avons trois salles annexes éloignées des postes de service public qui nécessitent une présence accrue des bibliothécaires. Notre nombre actuel ne permet pas un déploiement efficient pour couvrir la totalité de ces espaces.
Malgré nos alertes répétées auprès de notre hiérarchie qui a régulièrement transmis à qui de droit, notre situation demeure inchangée.
Pendant la préfiguration, l’équipe s’est fortement mobilisée sur un temps court. Son implication ne s’est jamais démentie, générant une importante fatigue.
Durant cette période, nous avons noué des partenariats avec les structures et associations locales, avec de multiples interventions sous de multiples formes. Particulièrement auprès des publics les plus fragiles et éloignés :
Ateliers conversation hebdomadaires en CHRS
Partenariats avec des associations d’aide aux allophones
Ateliers d’écriture à Maison 13 solidaire
Cafés littéraires à Maison 13 solidaire
Interventions hebdomadaires en crèches, écoles, collèges, lycées
Participation au festival En quête d’info etc…
L’ouverture de la médiathèque a eu lieu sans que l’équipe n’ait pu reprendre son souffle.
Portée par le souci de l’intérêt premier des usagers, l’enthousiasme de l’ensemble des agents ne s’est pas démenti.
Toutefois, nous avons ouvert nos portes alors que l’ensemble des collections n’était pas traité, malgré l’intensification de notre travail sur les derniers mois.
Cette charge s’est donc répercutée post ouverture et continue d’alourdir nos missions aujourd’hui.
Dans cette optique de permettre à la médiathèque de débuter son activité sous les meilleurs auspices, les collègues ont retardé leurs congés d’été, ou pour certains les ont même réduits.
Fort de cette mobilisation, l’ouverture a rencontré beaucoup de succès avec un public massivement présent (plus d’un millier de visiteurs ce jour-là), attestant bien de l’attente autour de cette nouvelle structure dans le quartier.
Aujourd’hui, après plus de 6 mois d’activité, ce sous dimensionnement de l’équipe se fait ressentir de plus en plus fortement au quotidien et entrave nos tâches.
Nous rencontrons :
- Des difficultés à tenir les plannings de service public
- Une surcharge de travail et des fiches de postes trop denses
- Un travail en flux tendu constant qui dégrade la santé des personnels et la qualité de service rendu au public
A cela s’ajoutent désormais les incivilités répétées par des groupes d’adolescents qui viennent en nombre (en bande de 10 à 40 jeunes) souvent difficile à canaliser (dégradations de matériels, agressions verbales de collègues, problème de partage de l’espace avec les autres publics).
Enfin, en raison d'une mise en œuvre tortueuse de la garantie d'achèvement des travaux dans l'année suivant la réception du bâtiment, des problèmes récurrents de l'installation (ascenseur, chauffage, ventilation...), concourent à notre épuisement et le renforcent jour après jour
Plusieurs arrêts maladie, répétés dans le temps, témoignent de ce mal-être au travail qui s’est installé dans l’équipe et menace, si rien n’est fait, de s’enkyster durablement.
Il nous devient difficile, dans cet état de fait, d’offrir un service public de qualité à nos usagers et usagères.
Le récent départ des collègues redéployés qui suppléaient à notre sous-effectif nous plonge davantage encore dans la difficulté et l’inquiétude.
Nous demandons :
- 3 postes supplémentaires pour un effectif de 18, comme c’est le cas dans les autres bibliothèques de même superficie, avec des amplitudes horaires et un nombre de postes de service public similaires
- Un ou un.e médiateur.rice permanent pour accompagner notre public adolescent et la montée des incivilités que nous rencontrons
- Une diminution des horaires d’ouverture tant que les demandes précédentes ne sont pas satisfaites.