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Publié par SUPAP-FSU

DAC : Rondes de la police municipale en bibliothèque

22, v'là la Pat Patrouille !

 

S'agit-il d'une coïncidence ? Depuis quelques semaines, les bibliothèques qui ont eu la mauvaise surprise de se voir retirer brutalement au début de l'été leur agent.e de sécurité (à lire ici : DAC, austérité à tous les étages. Disparition des prestations de gardiennage ? - SUPAP-FSU) reçoivent la visite régulière d'agent.es de la police municipale. 

 

La scène se répète même quotidiennement dans certaines bibliothèques. Au beau milieu de l'après-midi, alors que l'atmosphère est encore calme et estivale et les espaces loin d'être remplis, une brigade de trois ou quatre agent.es, talkies walkies allumés, vient patrouiller au beau milieu des rayonnages...

 

Les collègues rapportent notamment des scènes surréalistes en section jeunesse. A part les réquisitionner au débotté pour faire une animation Pat Patrouille, on ne voit pas trop quelle pourrait être l'utilité de ces surprenantes visites... 

 

On peut s'interroger sur l'intention de la DPMP : s'agit-il de compenser l'absence de l'agent.e de sécurité, ou bien de tenter d'établir le constat de son inutilité, les policier.es ne pouvant que noter le calme et la sécurité qui règnent dans nos bibliothèques, en particulier l'été ? Dans les deux cas, il s'agit d'une vision erronée du rôle de l'agent.e de sécurité. 

 

En bibliothèque, le ou la vigile est davantage un.e agent.e de sécurité du quotidien. Quand les équipes ont la chance de travailler régulièrement avec la même personne, cet.te agent.e peut même parfois devenir un membre à part entière du collectif d'accueil, les quelques mauvaises expériences en la matière étant surtout dues au turn over des agent.es, peu habitué.es pour certain.es aux spécificités de l'accueil en bibliothèque, ainsi qu'aux mauvaises conditions de travail que leur imposent leurs employeurs, les sociétés prestataires. 

 

L'agent.e de sécurité effectue un travail de surveillance et de médiation et son rôle est multiple : accueillir et orienter les usager.es dans le bâtiment (c'est la première personne que les usager.es voient en entrant et l'agent.e répond de fait à de nombreuses questions), aider à l'évacuation du bâtiment le soir et vérifier que personne ne reste enfermé, limiter les vols de documents (on le sait, le combo portique qui sonne et présence d'un.e vigile n'empêche pas tous les vols mais a quand même un effet dissuasif), permettre aux usager.es de laisser leurs trottinettes et leurs poussettes dans la médiathèque, seconder les bibliothécaires dans leurs tâches de prévention des conflits et de rappel du bon usage du lieu (pas de coups de fil, pas de repas sur place...), etc.  

 

Ces missions devraient être assurées par un renforcement des effectifs de bibliothécaires titulaires et, pour certains contextes, par des collègues titulaires formées à la surveillance et à la médiation. Mais en attendant, remplacer des agent.es de sécurité par des rondes aléatoires de policiers municipaux nous semble une très mauvaise idée.

 

Il ne s'agit pas de dénigrer le travail des agent.es de la DPMP, qui sont aussi nos collègues. Mais on peut légitimement douter de l'efficacité de ces rondes intempestives, et surtout redouter l'effet... insécurisant qu'elles peuvent produire sur les usager.es. Du fait d'une tenue de plus en plus proche de celle des agent.es de la police nationale qui crée la confusion et du fait parfois de leur attitude (talkies walkies allumés, etc), leur présence risque même d'intimider voire de dissuader de venir certains publics, les personnes précaires, les exilé.es... autrement dit celles-là même que l'on prétend recevoir dans le cadre d'un accueil inconditionnel !

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