Canicule : la DAC reste bloquée à l'orange
Mardi 23 juin, inquiet.es des remontées de terrain et surpris que la vigilance rouge ne donne lieu à aucune mesure de protection complémentaire, nous interpelions en tant que mandaté.es FSSSCT la DAC, le SBL, le BPRP et la MISST sur la situation de nombreux établissements de la DAC en passe de devenir intenable avec l'augmentation des températures. Nous réclamions des mesures immédiates et notamment la mise en place de la possibilité d'Autorisations Spéciales d'Absence dans cette période critique
(voir notre mail du 23 juin et la réponse de l'administration de vendredi 26 en pièce jointe)
Vendredi 26 juin avait lieu une réunion avec l'administration préparatoire à la FSSSCT du 2 juillet.
Des documents canicule récents ont été présentés aux mandaté.es, dont une mise à jour du tableau de classification des bibliothèques rouge, orange, verte. Une classification qu'au SUPAP-FSU nous récusons, pour nous soit une bibliothèque est climatisée ou totalement rafraîchie, avec des systèmes qui fonctionnent vraiment, soit elle ne l'est pas et doit bénéficier de mesures renforcées.
Si la DAC reconnaît que la gestion crise pourrait être améliorée, et que les consignes en cas de vigilance rouge manquaient dans le plan canicule DAC actuel qui date de juin 2025 et seront à travailler avec les représentant.es des personnels.
La DAC reconnaît aussi les difficultés que peuvent rencontrer les agent.es d'une poignée de bibliothèques climatisées arrivées à saturation et contraintes d'accueillir tous les usagers parisiens, les scolaires et...les collègues réfugié.es climatiques du réseau.
Nous dénonçons en effet cette intensification du travail sans contrepartie, alors même que les agent.es de ces bibliothèques subissent comme tout le monde la chaleur dans les transports, leurs domiciles mais aussi bien souvent leurs espaces bureaux (plus de 30 degrés relevés dans les bureaux de Duras, Baldwin et Villon, bibliothèques classées "vertes" !)
La DAC considère tout de même que les choses ne se seraient pas si mal passées cette semaine avec "seulement" une dizaine de bibliothèques fermées totalement (!).
Nous avons fait valoir que c'était déjà beaucoup, et qu'en réalité les fermetures auraient dû être bien plus nombreuses étant donné les très nombreuses bibliothèques ayant largement dépassé les 30 degrés. Nous avons même eu l'impression qu'il avait parfois fallu attendre qu'il y ait des malaises de collègues ou d'usager.es pour qu'il y ait une prise de conscience du danger.
Surtout, la DAC oppose un refus à nos principales revendications :
Des limites claires et transparentes de températures pour le travail comme pour l'accueil du public :
Pour le SUPAP-FSU, le seuil des 30 degrés est pertinent car il s'appuie sur les préconisations de l'INRS. Alors que dire des espaces qui accueillent le public par 33, 34, 35 degrés ? L'administration "ne veut pas croire à l'existence de telles situations" (à nous de le leur prouver, par exemple par des Fiches Santé Sécurité au Travail).
La DAC répète que c'est aux chef-fes d'établissement de mesurer l'ambiance thermique et d'évaluer s'il y a danger ou non. La liberté leur serait laissée d'aménager le travail et de demander ou non des adaptations d'horaires et la fermeture de la bibliothèque. Dans les conservatoires, les directeur.ices décident du maintien des cours, seulement guidés par quelques directives à peine contraignantes, des directives précises uniquement pour certaines activités telles que la danse.
Même si des relevés de température quotidiens sont théoriquement demandés aux établissements, cela ne semble pas effectif, ce qui serait pourtant possible et souhaitable à condition d'avoir des outils de mesure adaptés, faciles d'utilisation et positionnés dans chaque espace.
Des solutions réalistes et égalitaires pour sauvegarder nos congés :
La DAC refuse d'entendre parler d'Autorisation Spéciale d'Absence (hormis pour les gardes d'enfants, or celles-ci semblent être fréquemment refusées). Elle s'abrite derrière la doctrine de la Ville en la matière. Pas de réponse claire sur le télétravail accordé dans certaines bibliothèques et exclu arbitrairement dans d'autres. Nous leur avons indiqué que cette intransigeance mettait les agent.es en danger, beaucoup restant dans des bureaux étouffants après la fermeture de la bibliothèque pour effectuer leurs heures.
Face au peu de possibilités de redéploiement dans des bibliothèques climatisées en trop petit nombre et déjà à saturation, certain.es agent.es ont été incité.es à poser des congés ! C'est pourtant l'employeur qui est fautif de ne pas avoir suffisamment anticipé ni réalisé les travaux nécessaires !
Ce n'est pas un petit sujet : il ne s'agit pas de "générer un maximum de JRTT", mais bien de la possibilité tout simplement de ne pas être en position de de perdre des journées de loisir et de repos nécessaires et de devoir des heures de travail. Et ce alors même que l'on sait depuis des années que les vagues de chaleur vont s'allonger et se multiplier dans les prochaines années, mettant à l'épreuve nos organismes.
C'est inacceptable, et c'est tout simplement une impasse !
Quant aux travaux pour adapter les bâtiments aux changements climatiques, la DAC est consciente de l'effort à fournir mais cela prendra des années, certains travaux programmés cette année ayant déjà été reportés.
Si nous sommes toustes attaché.es à l'accueil et à la continuité de service public, et que nous sommes nombreux.ses à avoir accepté de revoir nos horaires de travail et d'ouverture au public, force est de constater qu'en vigilance rouge canicule ces aménagements ne suffisent plus.
Ces phénomènes sont extrêmes, mais ils sont anticipables et appelés à se répéter.
Nous refusons de payer de notre santé et de nos congés le prix de l'impréparation de nos tutelles et des pouvoirs publics !
Comme lors de la crise COVID, nous constatons que, dans un certain nombre de bibliothèques et de conservatoires, la continuité de l'activité a trop souvent primé ces derniers jours sur la considération du risque de mise en danger des personnels mais aussi des usager.es.
Comme lors de la crise COVID, nous devons nous mobiliser collectivement face à ce danger par tous les moyens de signalement et de résistance à notre disposition. Fiches Santé Sécurité au Travail, droits de retrait, relais de prévention, appel aux représentant.es des personnels...
Et pour les bibliothèques n'hésitez pas à compléter l'outil créé par la CGT-Scaat, dont nous saluons l'initiative, pour recenser les problèmes et les besoins : https://docs.google.com/spreadsheets/d/1L_MN-Gcf1yCvDYFJheq9dFJlGI2_rViv/edit?gid=51911738#gid=51911738
La lutte continue !
Prenons soin de nous et des autres !
Les élu.es et mandaté.es du SUPAP-DAC