Bilan de la grève, nouvelle audience syndicale DAC, primes, emplois, budgets...les dernières infos
Il y avait ce mardi 25 novembre une audience avec l’administration. Réunion régulière programmée mensuellement mais faisant suite à une semaine de mobilisation, celle-ci avait donc un caractère un peu particulier. D’autant que son ordre du jour portait sur plusieurs sujets au cœur des inquiétudes des bibliothécaires : l’emploi, les primes et les projets d’établissement (point ajouté à l'ordre du jour à notre demande).
Une grève inédite, bravo à tous.tes !
C'était la 1ere fois que le réseau des bibliothèques se mobilisait sous cette forme, plusieurs jours consécutifs de grève.
Plusieurs dizaines d’établissements y ont participé : réunion d’équipe le mardi sur l’heure d’information syndicale déposée, fermeture partielle ou totale en particulier les mercredi et samedi après-midi, tenue de piquets de grève, diffusion de la lettre aux usager.es avec de très nombreux soutiens exprimés (à l’avenir il faudra réfléchir aux manières dont pourraient nous soutenir les usager.es : pétition, lettre à la DAC…).
Les échos médiatiques ont été plus modestes qu’en juin lors de la mobilisation contre le PLAP2 (les médias ont beaucoup parlé de la mobilisation massive de 2 semaines dans les écoles).
Projet d’établissement : les inquiétudes persistent
La grille d’objectifs pour les projets d’établissement reprend sommairement les axes du PLAP2. En l'absence de moyens supplémentaires (humains comme financiers) plusieurs objectifs suscitent déjà beaucoup d’inquiétude : harmonisation (augmentation) des horaires d'ouverture, réorientation des budgets/moyens vers la jeunesse. Selon nous, de telles orientations ne peuvent être discutées ainsi établissement par établissement, sans cadrage global ni processus de dialogue social.
L’administration redit qu’en dehors de quelques « ajustements à la marge » aucune mesure d’ampleur ne sera prise avant plusieurs mois voire un an et qu’elle serait discutée / présentée aux représentant.es des personnels.
Nous avons également pointé le fait que plusieurs objectifs ne relevaient pas de la responsabilité des directions d’établissement ni des équipes : « poursuivre le maillage territorial avec de nouveaux équipements » ou « adapter les équipements aux enjeux climatiques »…
Certains termes de la grille sont également ambigus : ainsi, pour l’administration « Encourager la mobilité » ne relève pas de la mutualisation des agent.es mais de celle des collections (portage...). Ouf !
L’objectif « lutte contre la censure » ne veut rien dire.
En fait il relève de la préoccupation plus générale que nous portons sur la manière dont les bibliothèques doivent faire vivre le pluralisme mis à mal par la concentration économique et idéologique (par des milliardaires d’extrême-droite) dans le secteur de l’édition, des médias, de la culture.
Faire vivre le pluralisme pourrait ainsi passer par la décision de retirer l’hebdomadaire d’extrême-droite Valeurs Actuelles condamné à plusieurs reprises pour incitation à la haine raciale et en cours de jugement pour des écrits relevant de la LGBTphobie. Cet hebdo appartient à Bolloré ultra-riche qui rachète peu à peu maisons d'édition, journaux, radios, télévisions (Fayard, Journal du dimanche, Europe 1,…). La question n’est pas de « lutter contre la censure » mais de savoir comment faire vivre le pluralisme dans ce contexte (éditeurs indépendants, pensée critique..).
Le SBL reconnaît que l’intitulé relève du débat sur le « pluralisme ».
Budgets, une administration dans le déni
En audience préavis de grève la semaine dernière l’administration contestait le chiffre de 20% de baisse en 2025.
Notre explication :
- En 2024 en cours d’année les bibliothèques ont dû renoncer à des sommes allant de 20 à 30% de leur budget d'acquisition
- En 2025 les budgets ont été annoncés en deux étapes, et la 2eme salve a permis de revenir aux budgets de 2024 et même parfois un peu plus.
L’"effort" de 2025 n’a eu lieu que par rapport à 2024, année où un décrochage avait eu lieu.
Pour nous, il y a bien eu une baisse d’environ 20% à l’échelle du réseau.
D’après la DAC, les budgets 2025 doivent être reconduits pour 2026.
Emploi et primes, ça ne va pas
En audience ce jour la DAC a confirmé les mesures indemnitaires (sur les primes) annoncées par la DRH centrale contre les inégalités salariales que vivent les corps de métier féminisés. Elles sont très insuffisantes :
- Aucune mesure ne concerne les agentes de catégorie C
Les montants de revalorisation proposés pour les 11 corps de catégorie B et A des filières culturelles et médico-sociales identifiés par la Ville sont bien trop faibles et ne permettront pas de combler les inégalités.
Pour les ASBM, la proposition de revalorisation, 1 000 euros brut sur trois ans, représente une augmentation d’IFSE mensuelle de 22 euros net chaque année sur 3 ans (pour atteindre une soixantaine d’euros par mois).
- Les revalorisations sont échelonnées sur 3 ans
Pour la DRH l'augmentation de certains corps de C ne se justifie pas car "les montants d'entrée de corps en C sont plus uniformes». C'est oublier les corps (masculins) de la filière sécurité, par exemple : 3 865 euros annuels d’IFSE pour un agent de police municipale contre 2 425 euros pour une ASEM en école maternelle ou 2 525 euros pour un.e AASM en bibliothèque !
En catégorie B les différences sont également très importantes : 7 700 euros annuels d’IFSE minimum pour un technicien de tranquillité publique et de surveillance contre 4 000 euros pour un.e ASBM.
L’administration se félicite qu’il n’y ait pas de suppression de poste prévue à la DAC en 2026.
Il y aura quelques créations d’emplois côté CMA (extension d’un CMA et résorption de la précarité).
Donc pas de création de postes en bibliothèque en 2026 alors que les recrutements externes sont gelés (recrutement sans concours AASM, concours ASBM, détachement..). C'est un motif supplémentaire de mobilisation : avec les départs en retraite ou en détachement, les effectifs réels vont baisser.
La suite
Nos mobilisations ont permis de marquer des points : un début de rattrapage concernant le régime indemnitaire, le maintien des budgets pour 2026 (nous allons compléter notre analyse chiffrée auprès de l’administration pour faire la démonstration que les budgets ont bien baissé de 20% cette année) quelques clarifications concernant les objectifs des projets d’établissements…
Mais le compte n’y est pas.
En particulier l’absence de création de postes qui légitime notre revendication d’un moratoire sur les amplitudes d’ouverture au public.
La lutte continue !
Le vote du budget 2026 aura lieu au Conseil de Paris du mardi 16 décembre…
Les élu.es et mandaté.es de la section DAC du SUPAP-FSU