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Publié par SUPAP-FSU

Politique de la ville : n’abandonnez pas Belleville à la gentrification et à la souffrance au travail !

 

Une petite musique résonne au Service Politique de la Ville (SPV) : dans le cadre d’une réorganisation visant à assurer « l’équité territoriale » : 2 Equipes de Développement Local[1] –– devront fusionner, de gré ou de force. Pour la DDCT, faire de l’égalité de traitement, c’est prendre des moyens à certains déjà vulnérables pour les transférer à d’autres plus vulnérables encore. Au lieu de créer de l’emploi pour améliorer le travail sur tous les quartiers populaires !

Dans une de nos expressions : le dernier tract célébrait même une petite victoire, on avançait vers une potentielle suspension de ce projet. Or, en ce début d’année, tout s’est accéléré et à quelques jours d’un changement de municipalité, les équipes ont été invitées à des groupes de travail pour imaginer le futur des équipes dont la seule issue proposée est la même : la fusion des effectifs. Cherchez l’erreur !

On vous explique.

Depuis la réforme du contrat de ville en 2024, plusieurs quartiers ont vu leur taille réduite ce qui ne signifie pas automatiquement moins de travail. C’est le cas notamment des quartiers qui concernent les équipes de développement local du 11ème et du 20ème Belleville Amandiers. Dotée de sa propre cartographie d’intervention, la Ville de Paris a choisi d’intervenir sur de nouveaux secteurs, que cela soit sans le soutien de l’Etat (12ème arrondissement) ou avec son appui (15ème arrondissement). Depuis lors, des équipes d’intervention « multi-arrondissements » ont vu le jour : d’anciennes équipes, renforcées grâce à des recrutements, ont intégré ces nouveaux secteurs (équipe 14 & 15ème arrondissements, et équipe Portes du 20ème-12ème arrondissement). Cette logique nouvelle, visant à intervenir de manière élargie sur plusieurs arrondissements, est présentée aux équipes comme une chance, et une reconnaissance de leur statut de service déconcentré (en opposition aux services décentralisés absorbés directement par les mairies d’arrondissement). Seulement voilà : dans ces deux cas de figure, on parle d’intégrer de nouveaux secteurs, avec un développement progressif sur les nouveaux arrondissements, et des moyens en augmentation.

Le projet de fusion des EDL du 20ème Belleville-Amandiers et du 11ème, c’est tout l’inverse :

  • Un projet de fusion qui concerne une équipe ayant déjà subie une perte de poste de 4 à 3 agent.es avec des collègues qui ont dû prendre la charge de travail du poste supprimé
  • Un projet au détriment de la logique de nos métiers de « développement local » : un chef de projet déployé sur deux arrondissements, avec deux Mairies d’arrondissements avec lesquelles travailler, échanger. Un dédoublement des dispositifs de travail sectorisés en arrondissement. Le risque est grand de faire passer le métier « d’agent.es de développement local » à « agents de suivi de projets », et d’augmenter les charges de travail pour tou.tes
  • Un projet bourré d’injonctions paradoxales : d’un côté, la direction assume « si on fusionne, on ne pourra pas tout faire » : une stratégie qui vise à laisser progressivement une gentrification contre laquelle selon le service « on ne peut pas lutter ». De l’autre côté, le SPV demande de tout faire mais autrement, en étant dans l’adaptation permanente. Ce « chaud froid » est vécu par les collègues du 11ème depuis trop longtemps avec tous les signes de RPS ; épuisement, perdre du sens au travail, démotivation, problèmes de sommeil…
  • Une fusion inenvisageable sur le plan du respect des conditions de travail : aucun des deux locaux actuels des équipes ne permet d’accueillir la totalité des 6 agent-e-s d’une éventuelle équipe fusionnée et aucun local ne semble disponible actuellement. Or, la DDCT connaît l’impact d’absence de local adapté pour la qualité de vie au travail comme le subissent depuis des années les collègues du 18ème la chapelle.
  • Un projet qui laisse la porte ouverte à perte accélérée de moyens sur ce secteur : Dans un contexte où les acteurs structurants du territoire font déjà face à de grosses difficultés liées à la perte de subventions d’Etat et à une activité croissante dans des secteurs clés (accès aux droits, séniors, linguistique…), quel avenir pour les financements d’appel à projet des associations 11ème, Belleville Amandiers si la Ville retire des moyens d’accompagnement dans les EDL ?
  • Un projet non véritablement concerté : Certes des ateliers avec les agent.es ont été menés mais la DDCT refuse d’écouter les alternatives des agent-e-s et des organisations syndicales, qui alertent sur les risques psychosociaux et la perte de moyens pour les quartiers.
  • Un projet contre la volonté d’élu-e-s : la Mairie du 20ème arrondissement est fermement opposé à ce projet de fusion des équipes, ayant conscience qu’il y aura moins de moyens et d’accompagnement dans la proximité pour le quartier Belleville Amandiers

 

Les EDL du 11 et du 20 ne doivent pas être des variables d’ajustement !

L’objectif de cette manœuvre est de faire économiser un poste au SPV qui - se projetant à moyen constants - souhaite deux nouveaux postes à l’équipe du 19ème. Une demande qui ne fait pas urgence pour l’équipe du 19ème, plus affectée par les vacances de poste que par le besoin de postes supplémentaires. Aussi, pourquoi ne pas travailler en priorité à un recrutement pour le 11 et recruter un nouveau poste pour le 19ème plus tard au cours de l’année ?

Cela a assez duré : l’équipe du 11ème arrondissement est sans chef-fe depuis plus de 8 mois et souffre d’une surcharge de travail bien trop importante, que la fusion ne résoudra pas. Les agent-e-s mobilisé-e-s avec SUPAP-FSU demandent le recrutement immédiat du poste de chef-fe de projet du 11ème arrondissement afin de soulager l’équipe, et l’abandon du projet de fusion des équipes.

 

Pour une alternative à la fusion : Solidarité et création d’emplois !

L’arrivée d’une nouvelle municipalité doit être l’occasion pour la DDCT de demander au moins un poste supplémentaire pour une politique de la ville ambitieuse partout.

Le SPV n’est pas de cet avis. A la réunion sur les RH du service le 9 février 2026, le SPV a demandé d’accepter la baisse d’effectifs sur ce quartier. Il défend le fait qu’il n’y a pas d’autres scénario possible. La DDCT va même à nous dire que si l’équipe du 11ème souffre c’est par ce que l’EDL du 20ème et les syndicats ne sont pas assez solidaires !

La DDCT ne nous divisera pas.

Nous sommes solidaires des collègues du 11 ème. C’est pour cela que nous défendons le renfort des moyens publics sur les quartiers où logent encore des populations vulnérables et discriminées que le droit de vivre à Paris - quel que soit ses revenus - sera garanti !

A l’heure des attaques contre les budgets des services publics et des associations, il est de l’intérêt général de défendre le développement d’une politique de discrimination positive sur tous les territoires qui le nécessitent.

Alors, créez un poste dans le 11ème dès le budget emploi de juillet !

Les agent-e-s mobilisé-e-s du Service Politique de la Ville.  Paris, 16/02/2026

 

[1] les équipes en charge de l’accompagnement associatif, des financements et de l’ingénierie des projets dans les quartiers populaires parisiens

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