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Publié par SUPAP-FSU

Notre syndicat a été reçu par l'élu chargé de l'éducation, de la petite enfance et des familles, jeudi 1er février 2018.

Nous avons tenu à débuter l'échange par une présentation générale et historique de la direction des affaires scolaires à l'élu. Nous y avons souligné les problèmes majeurs de notre direction : l’utilisation abusive de vacataires, contractuels et contrats aidés, la formation et la qualification des personnels.

Précarité historique par l'emploi de plus de 10 000 vacataires et de milliers de contractuels, souvent sur des emplois permanents, parfois sur des temps complets, en lieu et place d'agents titulaires comme cela devrait être le cas. Cette utilisation abusive de vacataires et contractuels touche à grande échelle les écoles mais aussi les cours municipaux pour adultes et les collèges. Cette précarité est présente jusqu’au secteur administratif. Par exemple à Facil’ familles et aux vacances arc en ciel, de nombreux vacataires sont encore employés à plein temps sur des emplois permanents qualifiés.

Qualification insuffisante des personnels, illustrée par l'absence de formations diplômantes dans l'animation (BAFA et BAFD au lieu de BPJEPS et DEJEPS) ou le manque de professionnalisation de la fonction ménage pour les ATE de la DASCO en comparaison avec d'autres directions comme la DILT.

Nous avons ensuite exprimé, dans le détail, une partie des revendications que porte le SUPAP-FSU sur la DASCO.

AMELIORATION DE NOS CONDITIONS DE TRAVAIL ET DE NOTRE SERVICE PUBLIC

Hygiène des enfants en maternelle

Sur ce sujet sensible, nous avons souligné les problèmes toujours occasionnés par l'absence, depuis 5 ans, d'agents formés et responsables du change des enfants pendant les périodes de vacances scolaires.

Nous avons rappelé qu'à l'heure actuelle, ni les animateurs, ni les ASEM n'ont à exercer ces missions sur le temps extrascolaire et les services d’interclasse, ce qui provoque parfois des conflits au sein des équipes.

Nous avons surtout insisté sur la nécessité de limiter le nombre d'agents référents formés en charge de l'hygiène corporelle, pour le bien être des enfants, mais aussi pour protéger les professionnels et le public comme nous l'expliquions en juin dernier au comité technique à la précédente élue : ICI

Nous avons réaffirmé notre proposition d'extension du temps de travail des AREM/ATEC aux périodes extrascolaires. Cette solution aurait le double avantage de régler définitivement les difficultés liées au change des enfants et permettrait aux AREM/ATEC de percevoir une rémunération plus décente (même si cela ne réglera pas la situation de précarité de ces collègues).

1 RPA par école

Nous avons présenté à l'élu les arguments que le SUPAP met en avant depuis près de 2 ans pour justifier cette demande de mise en place d'un RPA par école, aux fonctions d'encadrement étendues au périscolaire : l'inégalité de fonctionnement des établissements (des petites écoles avec RPA, d'énormes structures sans RPA), la surcharge de travail administratif des REV (en constante augmentation depuis 5 ans, au détriment des missions pédagogiques pourtant primordiales), la nécessité de rémunération des collègues exerçant des missions d'encadrement lors des remplacements des REV (temps partiel à 80%, congés, formations, maladies, etc…).

Ce poste aux missions étendues permettrait d'avoir une architecture commune et adaptée pour l'ensemble des écoles parisiennes, et constituerait une étape intermédiaire entre un poste d'adjoint d'animation "classique" et un poste de REV, comme nous l'expliquions ICI ou ICI

Regroupements et déplacements de centres de loisirs

Nous avons dénoncé les regroupements quasi systématiques de centres et les déplacements pour les repas constatés lors des petites vacances. Ces regroupements pour des raisons de travaux (pas toujours effectués) ou d'économies réalisées par les Caisses des écoles ne sont pas acceptables.

Ce sont parfois une centaine d'enfants, provenant de 5 centres différents, qui sont accueillis sur une même école, dans des locaux inadaptés !

Ces situations que nous ne connaissions pas, avec cette ampleur, avant l'ARE occasionnent une détérioration de la qualité de l’accueil des enfants, le mécontentement des familles et des conditions de travail dégradées pour les équipes d’animation qui sont source de démotivation. Nous avons demandé que les regroupements soient limités au strict minimum à l'avenir. Voir un précédent tract de notre syndicat sur le sujet : ICI

Accueil des enfants porteurs de handicap

Nous avons alerté l'élu sur les conditions d'accueil des enfants porteurs de handicap. Nous avons expliqué l'impossibilité d'accompagner de manière satisfaisante ces enfants, alors que c'est l'un des objectifs de notre PEDT, et signalé une double problématique.

D'une part, l'inadaptation totale du nombre de postes supplémentaires ouverts par rapport au nombre d'enfants porteurs de handicap accueillis, avec toutes les conséquences dramatiques en découlant : regroupement d'enfants handicapés sur le même atelier ou enfants répartis dans les activités et donc non accompagnés.

D'autre part, le calendrier d'ouverture des postes complètement incohérent : pas de postes PPS/PPVP ouverts les premières semaines de rentrée scolaire (comme si les enfants porteurs de handicap ne fréquentaient pas les écoles à cette période !) et ouverture de postes à moins d'une semaine de chaque période de petites vacances quand la majorité des animateurs référents ne sont plus disponibles. Voir nos écrits sur cette question, par exemple ICI ou ICI

Nous demandons l'ouverture des postes supplémentaires bien en amont des périodes d'accueil et en nombre adapté aux effectifs d'enfants porteurs de handicap accueillis.

Temps de préparation avant TAP pour les ASEM

Notre syndicat, qui a obtenu depuis la dernière rentrée des temps de réunions chaque trimestre entre REV, animateurs et ASEM, voir ICI, a demandé à l'élu que les ASEM bénéficient d'un temps hors présence d’enfants de 15 minutes  avant chaque atelier TAP les mardis et vendredis.

En effet, les ASEM font partie intégrante de l'équipe d'animation sur ce temps périscolaire. Il est anormal qu'elles n'aient pas ce 1/4 d'heure, qui permet à tous les autres membres de l'équipe (animateurs titulaires, contractuels ou vacataires) de préparer sa salle d'activité et son matériel, et d'avoir un moment d'échange avec le REV.

D'autre part, nous avons rappelé que les ASEM travaillent les jours de TAP depuis 7h45 ou 8h15 le matin et ne bénéficient, pour certaines, d'aucune pause entre 12h30 et 16h30 (service d'interclasse, puis classe, puis TAP). Travailler auprès de jeunes enfants est passionnant, mais aussi très fatiguant ! Nous pensons nécessaire pour les collègues ASEM d'avoir une pause de quelques minutes pour pouvoir aborder un temps d'activité comme le TAP dans de bonnes conditions.

Nous avons demandé à l'élu d'user de son poids sur cette question auprès de nos partenaires de l'Education Nationale.

Avenir des centres ressources locaux

Sur cette question, nous avons fait part de nos inquiétudes à M.Bloche. Il semblerait que la suppression des centres ressources locaux ou leur diminution soit évoquée ces temps -ci à la DASCO.

Nous avons exprimé notre demande de maintien de ce dispositif qui permet aux centres de loisirs de bénéficier d'aides à projet et d'initiations de qualité dans des domaines variés, assurées par des professionnels ayant des compétences particulières. Le nombre de postes en jeu, quelques dizaines, est anecdotique sur un corps d'adjoint d'animation de près de 2500 collègues ! En revanche, nous demandons que le même cadre, horaires et missions, soit définit pour les centres ressources des 10 CASPE dans le futur règlement de service de l'animation.

CREATION D'EMPLOIS/LUTTE CONTRE LA PRECARITE/DEVELOPPEMENT DE FILIERE

Création d'emplois, CDIsation d'ASEM et ATE

Nous avons demandé à l'élu la poursuite des créations d'emplois titulaires d'ASEM et d'ATE, pour arriver à la situation d'une ASEM par classe à terme, et pour permettre le remplacement des ASEM et ATE absents (congés, formations, temps partiel, etc…). Voir courrier ICI

Nous avons également insisté pour que les collègues en CDD depuis des années, à temps complet, bénéficient, soit d'une titularisation via la loi Sauvadet (loi de déprécarisation), soit de l'accès à un CDI.

Nous avons mentionné certaines situations de collègues présents depuis plus de 10 ans à temps complet sur une même école par succession de contrats d'un an, de 6 mois, voire de 3 mois !!! Ces pratiques sont inadmissibles !

Encore plus inadmissibles lorsque des CASPE font signer un papier à l'agent expliquant que le contrat ne sera pas renouvelé à échéance. Dans la réalité, les collègues bénéficient généralement d'un nouveau contrat mais craignent jusqu'au dernier moment de se retrouver au chômage du jour au lendemain !

Titularisations dans le secteur de l'animation

Nous avons indiqué notre satisfaction quant à la titularisation de plus de 1000 adjoints d'animation que nous demandions à la mise en œuvre de l'ARE. 

Néanmoins, cette avancée significative est à mettre en perspective avec les plus de 10 000 vacataires et les milliers de contractuels parfois sur des quotités très faibles (24,10%, 36,16%, 50,62%) qui travaillent encore quotidiennement dans nos écoles !

Nous avons informé l'élu de la présence de centaines de collègues vacataires à temps complet, certains travaillant même plus que les titulaires à 100% (tous les services péri et extrascolaires, 2 semaines à chaque période de vacances scolaires, plus d'1 mois l'été), qui pourraient être transformés en emplois titulaires.

Nous demandons à la Ville de titulariser sur la base du nombre d'agents non titulaires travaillant sur le service du soir (étude ou goûter), service où le nombre de poste est le plus faible. Par ailleurs, nous avons signalé à l'élu notre déception cette année d'un simple recrutement C1 de 50 postes uniquement chez les adjoints d'animation, comme nous l'écrivions ICI.

Création d'emplois d'UGD

Nous avons pointé la surcharge de travail des UGD dans les CASPE depuis la mise en œuvre de l'ARE en 2013. Il y a bien eu une réforme des CASPE avec l'arrivée d'un ou deux SGD par circonscription, mais cela ne suffit pas.

La sous-directrice des ressources de la DASCO estime que le nombre de poste actuel est satisfaisant. Ce n'est pas notre avis lorsque l'on rencontre des collègues en souffrance devant l'explosion de leur charge de travail.

La réalité, c'est que les services RH des CASPE ne sont plus en mesure d'assurer des missions essentielles comme l'envoi des décisions de travail aux agents vacataires, comme nous l'avions écrit à l'élu en charge des personnels en 2017, ICI. On constate également des retards récurrents (paiement d'heures sup, remboursement de transport, NBI, paiement en décalé de 2 mois pour les vacataires), ce qui engendre des plaintes légitimes de collègues mécontents.

Cette situation ne peut plus durer ! Nous demandons la création d'emplois en nombre suffisant pour que les collègues UGD puissent assurer l'ensemble de leurs missions et travailler dans des conditions normales ! Pas étonnant qu'il y ait un tel turn-over de personnel lorsque l'on compare les conditions d'exercice du métier d'UGD à la DASCO par rapport aux autres directions de la Ville !

Renforcement des cellules de remplacement

Là aussi, on observe un besoin criant de personnel pour assurer le remplacement ponctuel des animateurs absents chaque jour. Les cellules vivotent souvent depuis 2013 avec des collègues payés sur des crédits de vacation, en l'absence de postes budgétaires prévus spécifiquement pour ces cellules.

Nous avons proposé à l'élu d'envisager la mise en place de passerelles pour les adjoints d'animation souhaitant évoluer vers des missions administratives. Ces collègues pourraient également prêter main forte aux CTAE pour participer aux sessions de recrutement d'animateurs, comme nous l'expliquions ICI. Cela ouvrirait des possibilités de mobilité au sein de la DASCO avant d'en arriver à des processus de reclassement une fois que les collègues ne peuvent plus exercer leurs fonctions dans les écoles.

Développement de la filière animation

Sur cette question, nous avons alerté l'élu sur l'état de notre filière animation : environ 2500 AAAS de catégorie C, environ 700 AAP (en 2019 avec 1 REV/école) de catégorie B, 8 CAPSA de catégorie A !!!

M. Bloche qui n'avait pas connaissance de la situation a effectivement trouvé ces chiffres parlants !

Nous avons signalé notre déception devant la stagnation, voire régression de l'effectif des collègues CAPSA. En effet, les derniers chefs de pôle Affaires scolaires recrutés sont issus du corps des attachés et pas de la filière animation.

Nous avons demandé que les 10 chefs de pôle affaires scolaires et les 10 RAE des CASPE bénéficient de la catégorie A et soient issus de la filière animation. Ce serait un bon début, même si cela n'est pas suffisant selon nous compte tenu des effectifs cités précédemment.

REVALORISATIONS FINANCIERES

Revalorisation de la prime des animateurs lecture

Nous sommes revenus sur la grande chance pour les enfants parisiens de bénéficier  des espaces lecture au sein de quasiment toutes les écoles. Cependant nous avons rappelé la fragilité de ce dispositif s'il n'est pas porté par une ambition forte de la part de la municipalité. Cette ambition passe entre autre par une reconnaissance des compétences et de l'implication des animateurs et animatrices qui font vivre ces espaces et apportent une dynamique essentielle dans le lien à la langue. 

Monsieur Bloche a ajouté à juste titre que l'accès à la culture et la maîtrise de la langue sont des facteurs déterminants dans la lutte contre les inégalités.

Nous avons donc réitéré notre demande d'augmentation de la prime qui rappelons-le encore une fois s'élève à 34,10 euros brut et a été revalorisée de 11,23 euros en 27 ans !

A terme il serait judicieux d'envisager un accès à la catégorie B. Un temps de travail élargi aux 35 heures permettrait de construire de véritables passerelles avec le temps scolaire et d'optimiser cette ressource qui souvent reste en deçà de son potentiel. Voir ICI

Encore une fois il est primordial d'envisager l'évolution de carrière dans l'animation non seulement d'un point de vue structurel et administratif mais EGALEMENT en termes de contenus et démarches. Animer n'est pas un job d'été et la reconnaissance des savoirs et savoir-faire doit rester au cœur de nos préoccupations et engager des perspectives de progression.

Augmentation de la rémunération des contractuels et vacataires

Notre syndicat a obtenu ces dernières années l'augmentation des rémunérations des contractuels de l'animation à 87,63% et 70,09% (augmentation du traitement budgétaire et attribution de primes non versées précédemment), ainsi que la revalorisation des taux de vacations interclasse et goûters, payées pendant 3 ans en dessous du SMIC, voir ICI.

Nous avons demandé à l'élu que l'effort de revalorisation financière de ces agents soit poursuivi et amplifié. Nous avons notamment évoqué le différentiel entre la quotité (pourcentage de temps de travail) des contrats et le temps réellement effectué. Nous avons pris l'exemple des contractuels à 69,56% qui effectuent exactement le même temps de travail que les adjoints d'animation à 80%, rémunérés 85,71% !

Les rémunérations des collègues contractuels doivent encore être revalorisées, de même que les taux de vacation, comme nous l'expliquons ICI

Versement de l'indemnité d'été aux personnels des Actions Educatives

Nous avions envoyé un courrier, avec FO,  à la directrice de la DASCO dès mai dernier sur cette question, voir ICI. Nous avons développé le même argumentaire auprès de l'élu.

Tout d'abord en expliquant l'aberration de l'absence de prime d'été pour les CTAE et CMF alors que les REV "montés en CASPE" pour exercer les mêmes missions d’adjoints du coordinateur des CLE perçoivent l'indemnité attribuée aux directeurs de CLE !

Ensuite, en informant M.Bloche de la situation indemnitaire absurde des REV qui perdent environ 600 euros de primes annuelles en devenant CTAE, donc supérieurs hiérarchiques des REV !

L'élu nous confirme que cette situation est surprenante et anormale. A suivre…

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Nous avons été reçus longuement et écouté avec attention et intérêt. Cet échange a permis de nous exprimer sur de nombreux points et d'argumenter dans des conditions sereines et constructives.

C'est un bon début mais nous ne pouvons mesurer actuellement l'impact que cela aura dans les faits. En effet les choix de la Ville sont à l’heure actuelle totalement opposés aux intérêts des personnels et à nos revendications et ont de lourdes conséquences sur les conditions de travail et de rémunération.

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